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Les Chroniques des Crépusculaires - Mathieu Gaborit

 
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Tybalt



Inscrit le: 19 Mar 2007
Messages: 1082
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MessagePosté le: Mer Nov 11, 2015 1:00 pm    Sujet du message: Les Chroniques des Crépusculaires - Mathieu Gaborit Répondre en citant



Le quatrième de couverture de l'éditeur :

Le puissant et impitoyable baron de Rochronde vient de mourir, son fils Agone, en froid avec son père, a déjà choisi une autre destinée. Mais le testament laissé par le baron lui réserve un avenir tout autre…

Agone doit se rendre une semaine au collège de Souffre-jour pour y suivre un enseignement bien particulier et en apprendre plus sur son père. Cependant, la découverte de la vérité sera douloureuse et parsemée d’embûches…
Autour de lui, les complots s’organisent.

Armé de sa fidèle rapière Pénombre et rompu aux plus redoutables arts magiques, saura-t-il trouver son salut et délivrer les Royaumes Crépusculaires qui sombrent dans la tourmente ?

Mon avis :

Paru en 1999, ce roman avait marqué à l'époque le paysage de la fantasy française alors en plein essor. Je l'avais découvert dans la première intégrale publiée chez Mnémos dans la collection "Icares" et j'avais beaucoup aimé cet univers riche, varié, original et empreint d'une indéniable poésie, qu'il s'agisse des personnages hauts en couleurs issus de nombreux peuples, des différentes formes de magie qui comptent parmi les plus belles créations que je connaisse ou du style de l'auteur, habile à poser une atmosphère et à manier l'adjectif évocateur sans pour autant donner dans le style "académique" comme un Jaworski l'a fait plus tard.
Au fil des années, Gaborit est revenu sur son texte dans la première édition en poche chez J'ai lu. Je l'avais achetée à l'époque mais ne l'avais pas lue, craignant un peu de ne pas retrouver la magie de la première lecture et de ne plus apprécier le style. J'avais aussi vu passer des critiques de la part de rôlistes qui trouvaient à Agone un côté "grosbill" à force qu'il accumule des pouvoirs au fil des pages.

Par un concours de circonstances, je suis revenu à ce roman par l'intermédiaire du jeu de rôle Agone, que j'avais aussi beaucoup apprécié à sa parution en 2000. Retomber sur mes vieux bouquins de jeu de rôle m'a donné envie de relire enfin ce roman.

Et je dois dire que, pour le moment, ces Chroniques des Crépusculaires supportent plutôt bien le passage du temps. L'univers n'a rien perdu de son charme ni de sa personnalité singulière. Il faut bien dire qu'en comparaison, les bouquins de Jaworski donnent l'impression de faire du Donjons & Dragons avec plus de propositions subordonnées. Il n'y a pas à dire, Mathieu Gaborit est un créateur d'univers ingénieux : le Souffre-Jour, les fées noires accouchant l'âme des rapières, le dialogue intérieur du narrateur avec sa rapière Pénombre, la magie des Danseurs avec ses trois obédiences si différentes, l'Accord avec sa magie des arts, Lorgol avec ses Mille-Tours, et ces peuples multiples, humains, fées noires, ogres, farfadets, lutins...
Et puis il y a ces noms propres : Agone, Urguemand, le Souffre-Jour, les Ténarbres, les Eminences grises, Pénombre, Sanguine, Arbassin, Eyidhiaze, Malicène... De nos jours, ce type de sonorités très "francophones" est peut-être plus répandu qu'à l'époque, mais c'était une bouffée d'air frais et de créativité "à la française" loin des simples clones de Tolkien.
Avec le recul, je perçois mieux ce que l'univers des Crépusculaires peut avoir d'un peu maniériste ou d'esthétisant par endroits... mais je le trouve toujours aussi séduisant et évocateur.

Quant à l'intrigue, même si j'attends d'avoir terminé cette relecture pour juger des modifications apportées à la fin (jugée à l'époque un peu abrupte et étoffée ensuite par l'auteur), elle a l'avantage de ne jamais traîner et de fournir à l'auteur de nombreux prétextes pour ajouter toujours de nouvelles facettes à son monde. C'est vraiment un livre-univers comme je les aime. Malgré cela, Gaborit ne se perd jamais dans les détails de cet univers : le récit enchaîne les situations, les rebondissements et les révélations, parfois même un peu vite à mon goût car j'aimerais encore plus de détails sur le monde, mais c'est la garantie que la tension dramatique reste toujours palpable.
Une chose qui m'a surpris à la relecture est de voir à quel point Agone est très loin de tirer les ficelles dans ce qui lui arrive et lève peu à peu le voile sur des manipulations et des complots qui le dépassent de loin, et où il n'apprend que très progressivement à s'orienter pour tirer son épingle du jeu. Si puissant qu'il puisse paraître, il est aux antipodes du héros toujours victorieux et sûr de lui, sans pour autant donner dans la déprime systématique (contrairement à Fitz dans L'Assassin royal) ; il est un peu comme ça au début mais se trouve vite forcé de changer.

Bref, un classique de la fantasy française, toujours recommandable à mon humble avis !

A noter que le livre a été réédité depuis chez Mnémos dans la collection de poche "Hélios", sous le titre "Les Crépusculaires".
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krys



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MessagePosté le: Mer Nov 11, 2015 5:05 pm    Sujet du message: Répondre en citant

merci de ton avis, ça m'intéresse *Smile*
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Soleil*
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MessagePosté le: Mer Nov 11, 2015 5:18 pm    Sujet du message: Répondre en citant

A l'époque où je l'avais lu (il y a une quinzaine d'années...), il me semblait avoir bien aimé, d'ailleurs je suis sûre de l'avoir relu, mais mes tablettes indiquent juste : "Des idées intéressantes, mais pas toujours accrocheur."
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Il s’évanouit tout doucement à commencer par le bout de la queue,
et finissant par sa grimace qui demeura quelque temps après que le reste fut disparu.
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Lisbeï



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MessagePosté le: Jeu Nov 12, 2015 6:42 am    Sujet du message: Répondre en citant

Ta présentation est attrayante, Tybalt, merci. Je vais m'y intéresser de plus près.
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MessagePosté le: Jeu Nov 12, 2015 9:55 am    Sujet du message: Répondre en citant

Merci pour la présentation, ça semble intéressant en effet, si je mets la main dessus je ne manquerai pas de le lire.
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Tybalt



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MessagePosté le: Mar Nov 17, 2015 9:40 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai donc terminé cette relecture ce week-end. Mon impression globale reste la même, à savoir que j'ai beaucoup apprécié cette nouvelle plongée dans l'univers des Crépusculaires.

L'intrigue à rebondissements, riche en complots et en manipulations, m'a paru toujours prenante, bien qu'on puisse critiquer des ficelles un peu répétitives sur la trilogie (le ou les comploteurs qui manipulent plein de gens à grande échelle pour parvenir à leurs fins). Globalement, il m'a semblé que ça fonctionnait tout de même bien. Les relations entre les personnages, même celles qui paraissent évidentes et stables, sont aussi habilement remises en question à certains moments.

En termes de style, je suis vraiment fasciné par la capacité de Gaborit à trouver un équilibre entre le style dit "efficace" de roman à suspense où les phrases et les scènes s'enchaînent très vite, et un style plus littéraire qui prend le temps de travailler des phrases évocatrices. Gaborit est très doué pour aller vite mais en semant plein de petits détails qui donnent à rêver aux lecteurs sur le chemin.

J'avais oublié à quel point l'intrigue pouvait parfois être sombre : Agone s'en prend plein la figure, surtout dans les tomes 2 et 3. La magie obscurantiste est encore plus ignoble que ce dont je me souvenais à partir du jeu de rôle. Quand on connaît le rôle des Danseurs dans la cosmogonie des Crépusculaires tel qu'il est révélé dans le jeu de rôle Agone, il y a de quoi avoir les cheveux qui se dressent sur la tête à pas mal de reprises dans le tome 3 !
D'autres éléments "sombres" m'ont paru plus convenus, comme les Défroqués, mais je suis assez peu sensible aux procédés de fantasy inspirés par le christianisme et l'Inquisition - il y a un bon moment que ça a tourné au poncif. Heureusement, ils n'apparaissent pas très longtemps.

J'avais trouvé Agone assez peu actif et un brin geignard dans le tome 1 : par bonheur, la trilogie traite assez soigneusement le changement et l'affirmation de sa personnalité.
Bizarrement, la narration à la première personne m'a parfois parue étrange, sans doute parce qu'Agone parle sans qu'on puisse pour autant accéder à toutes ses pensées, ce qui fait qu'on le voit prendre des décisions ou tenir des propos parfois surprenants par rapport à l'image qu'on s'était faite de lui. Je n'arrive pas à voir si c'est un défaut ou une qualité : Agone reste, de ce fait, un personnage en partie énigmatique, dont les lecteurs ne peuvent pas prévoir les facettes les plus sombres, même s'il reste humain au bout du compte.

Il faudra que je prenne le temps de comparer cette version révisée avec la précédente que je possédais depuis longtemps, pour voir ce qui a changé. D'après ce que j'ai lu ailleurs, les modifications ont consisté surtout à améliorer la fin, qui était trop rapide, et à mettre en cohérence le roman avec le jeu de rôle. Pour ce qui est de la fin, elle m'a paru satisfaisante et pas spécialement précipitée, donc elle a dû être bel et bien améliorée. Petit défaut de forme en revanche, quelques noms de pays dans le troisième volet semblent avoir été modifiés à coups de cpier-coller, d'où quelques fautes d'accord - je suppose que c'est en lien avec ces mises en cohérence avec le jeu. Dommage que la relecture n'ait pas été plus scrupuleuse là-dessus.

En somme, je suis content d'avoir pris le temps de revenir à ce roman et il m'a redonné envie de lire du Gaborit - et de relire mes vieux suppléments d'Agone. J'ai presque envie de jeter un oeil aux Chroniques des Féals ou à Ecryme, mais je vais commencer avec Jadis dont j'avais soutenu le financement en ligne et qui paraîtra sous peu en librairies, d'ailleurs.
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Turb
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MessagePosté le: Mer Nov 18, 2015 12:49 am    Sujet du message: Répondre en citant

Tiens, j'ai vainement cherché un fil sur ce livre, j'étais convaincu qu'il existait.

Très vague souvenir de ce livre ; je me rappelle juste de longs passages mystiques sur la magie, dont j'ai sauté une bonne partie.

...et pareil, c'est en le lisant que j'ai réalisé le lien avec le jeu de rôles Agone, auquel j'ai brièvement joué.
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Tybalt



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MessagePosté le: Mer Nov 18, 2015 4:35 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je me demande à quel âge tu l'as lu, parce que je n'ai vu aucun "long passage mystique sur la magie" *Neutral* Il y a deux-trois explications insérées dans les dialogues et deux-trois phrases sur Agone qui s'entraîne avec son Danseur, mais pas plus. Par contre, c'est sûr que ça a pu te paraître long si tu n'as pas accroché à l'univers.
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Turb
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MessagePosté le: Ven Nov 20, 2015 11:50 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je confonds peut-être avec un autre bouquin...
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theyoubot



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MessagePosté le: Dim Déc 13, 2015 3:56 pm    Sujet du message: Re: Les Chroniques des Crépusculaires - Mathieu Gaborit Répondre en citant

Tome 1


J'ai trouvé épouvantable la première moitié du tome.

1 - c'est essentiellement du remplissage. Une succession de personnages qui sont autant d'impasses (longue présentation ennuyeuse, autrefois il a fait ceci, il a été à tel endroit. Ce que j'appelle "le style 4° de couverture") puis le perso disparaît définitivement du récit, n'apparaissant que comme un vague figurant vers la fin. Quand un romancier n'a pas d'idée d'histoire, il espère souvent faire illusion avec ce cache misère. Voir à la fin de ce message deux romans abusant de telles stratégies.
Le même procédé est utilisé pour des lieux. L'étincelle, le repaire des lutins.. Longue présentation puis le lieu ne joue plus aucun rôle dans le récit (parce qu'il est détruit, par exemple). Enfin, le même procédé aboutit à une multiplication de formes de magie redondantes et inutiles au récit (L'équerre, la magie respectueuse des lutins, la rapière qui ne sert quasiment jamais dans les interventions de Pénombre sur le sort du héros, les Jonistes)
Même les personnages secondaires les plus développés ne dépassent pas deux scènes (Amertine, Eyhidiaze, Pénombre)

2 - le personnage principal est inexistant. Il existe fugitivement dans les premières scènes à travers sa vocation contrariée et l'affection pour sa soeur. Ensuite, c'est un bouchon de liège porté par le courant d'une non-histoire. Un personnage ne peut exister qu'à travers le chemin qu'il s'est tracé et les obstacles dressés sur sa route. Hélas, le héros n'a aucun but. Comme le dit l'auteur au héros par la bouche d'Eyhidiaze , chapitre 10.
" C'est bien ce que je te reproche. Tu ne veux rien, tu laisses les autres vouloir pour toi."
Au moins, l'auteur est lucide.
Il y a aussi quelques maladresses de débutant, des choses qui paraissent artificielles dans les relations entre personnages. Comme l'affection subite entre Amertine et le héros, qui sonne un peu faux.


Heureusement, la deuxième moitié du roman est passable.
- le héros a un but (sauver le royaume, restituer à la magie sa véritable place). Cela lui donne un minimum d'épaisseur psychologique. On peut enfin s'attacher à ses pas.
- un coup d'état puis une invasion ponctuent l'histoire d'enjeux, de scènes d'action, de rebondissements. Il y a une fin tendue et satisfaisante.
- les alliés du héros restent des fantômes psychologiquement inconsistants.


Dans l'ensemble, il y a trop de défauts pour que je recommande ce roman mais tout n'est pas à jeter. L'univers fonctionne, rien de foudroyant mais c'est assez complet pour jouer son rôle de décor dépaysant. Les personnages sont ratés/inexistants, mais le récit est plutôt distrayant vers la fin (action). Dommage qu'il soit plombé par 200 premières pages de remplissage.



Lire aussi sur le forum
> Le style 4° de couverture dans "Un océan de pavots" (Amitav Ghosh)
> Le remplissage avec un défilé de 80 personnages jetables dans "Kushiel" (Jacqueline Carey)
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Hoël
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MessagePosté le: Dim Déc 13, 2015 5:29 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je l'avais lu à sa sortie chez Mnémos et n'en ai gardé aucun souvenir, ce qui en général est mauvais signe.
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Tybalt



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MessagePosté le: Mar Déc 15, 2015 8:40 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Theyoubot, je comprends ce qui a pu te décevoir dans ce roman, mais je te trouve quand même injuste. J'ai l'impression que tous les romans où tu ne trouves pas ce que tu cherches sont pour toi complètement ratés. Ce n'est pas parce qu'un roman n'est pas écrit en suivant tes principes esthétiques que l'auteur est incompétent...

Par exemple, il est évident que dans ce roman beaucoup de détails n'ont pas "d'utilité" particulière dans l'intrigue proprement dite : c'est normal, Gaborit fait vivre un univers. Les Chroniques des Crépusculaires ne sont pas un roman à suspense à l'anglo-saxonne où le moindre grain de poussière mentionné au bas de la page 3 va avoir une importance décisive dans la résolution de l'intrigue.
Même chose pour les descriptions des lieux et les formes de magie : ce que tu appelles "inutile" ou "redondant" est pour moi une qualité, puisque c'est un univers riche et haut en couleurs où la magie est omniprésente sous toutes sortes de formes. Visiblement ça ne t'a pas plu, mais ce serait bien de ne pas ignorer complètement ces aspects du livre.

De plus, ce que tu dis sur la psychologie du héros dans la première moitié du livre n'est pas du tout une preuve de manque d'inspiration de l'auteur : c'est un développement psychologique tout ce qu'il y a de cohérent. Agone est encore jeune, inexpérimenté et sous l'influence de Préceptorale : il refuse ce qui lui arrive, il se plaint et... il ne comprend pas grand-chose à ce qui lui arrive (on le découvre ensuite en même temps que lui). Il change beaucoup au fil de l'histoire et il s'améliore - c'est en partie un roman d'apprentissage tout ce qu'il y a de classique.

Je suis assez sidéré aussi par ce que tu dis des personnages secondaires, au point que je me demande si tu as réellement bien lu : Amertine est présente dans beaucoup plus de deux scènes, Pénombre accompagne constamment Agone à partir de leur rencontre, Eyhidiaze apparaît avec un rôle très développé dans trois ou quatre scènes toutes décisives pour le héros et il pense beaucoup à elle entre temps. On pourrait également citer Malicène, Orchal, les Psycholunes...
Encore une fois, je comprends que tu trouves les ressorts psychologiques insuffisamment développés, mais ce n'est pas une raison pour tomber dans l'injustice et les mensonges purs et simples sur le livre.

Enfin, le critère du nombre d'apparition des personnages ou de leur peu d'approfondissement psychologique pris individuellement reste un moyen assez limité de juger de la qualité du roman. En effet, surtout dans la seconde moitié du livre, il y a toute une série de scènes qui montrent des aperçus de différents pays et dans lesquelles, en effet, apparaissent une multitude de personnages qu'on revoit peu ou pas et qui n'ont parfois aucun lien direct avec les personnages principaux de l'intrigue centrale. Sauf que grâce à ce procédé, on a un aperçu de pays nombreux et des ressorts géostratégiques qui se mettent en place dans les différents royaumes crépusculaires. Là encore, ça peut ne pas plaire, mais c'est un procédé qui se tient.
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theyoubot



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Messages: 3818

MessagePosté le: Mer Déc 16, 2015 12:01 am    Sujet du message: Répondre en citant

Je vais répondre à tes 5 paragraphes, en les numérotant de # 1 à # 5

# 1 & 2
C'est ton argument d'avril sur ma subjectivité. Comme à l'époque, je te réponds : "Bien sûr que mon avis est subjectif". Encore une fois, ça ne prouve en rien que tu aies raison. Ton avis est tout aussi subjectif que le mien, ou que celui de n'importe qui ici. Comme je l'ai déjà dit en avril, le fait que tu utilises à cet argument prouve que :
- tu n'es pas consciente de la subjectivité de tes propres conceptions,
- par conséquent, tu crois détenir une part de vérité absolue sur la façon de construire un roman (et donc tu commets précisément l'erreur que tu m'attribues)
Contrairement à toi, je ne crois pas détenir l'équation absolue d'un bon livre. Je sais juste comment il doit être écrit pour me plaire. Ma définition toute personnelle d'un auteur talentueux repose dessus.
La différence entre nous, c'est que, contrairement à toi, je vis très bien le fait que tu aies une opinion différente. En littérature, ma religion est l'œcuménisme, je considère que je peux apprendre et travailler avec d'autres religions que la mienne. Pour toi, ta religion est la seule valable, ceux qui ne la partagent pas sont forcément dans l'erreur. Tu prends ça comme une insulte personnelle (tu étais très en colère en avril). Il te faut convaincre ces hérétiques d'abandonner leurs convictions. Leur faire admettre la supériorité des tiennes. § la fin de ce message

# 2
C'est un avis qui n'engage que toi. Là encore, tout ce qu'on peut en déduire, c'est que toutes ces impasses narratives te plaisent et me déplaisent. Mais je pense que tout le monde ici a compris ça.

# 3
cohérent, oui. Réaliste même, pourquoi pas ? Mais le talent d'un auteur est avant tout - pour moi comme pour beaucoup des gens ici - de rendre le personnage vivant, de nous donner envie de nous attacher à ses pas, de partager ses combats et ses émotions. Gaborit a raté ça (entre autres). Les personnages, ce n'est pas son fort.

# 4
les personnages ont exactement le nombre de scènes que j'ai mentionné dans mon message de Dim Déc 13, 2015 4:56 pm. Attention, apercevoir fugitivement un personnage comme un vague figurant ne compte pas. Par scène, j'entend au moins une demi page, une conversation, une action commune, une interaction individuelle et suffisamment longue.

# 5
lorsque les personnages existent un minimum avant la mise en place d'un récit éclaté, le procédé ne me déplaît pas. Il y a un côté mécanisme d'horlogerie, marche inéluctable du destin. Je trouve que Gaborit s'en sort honorablement et le procédé m'a plu dans beaucoup d'autres romans. Mais ça ne sauve pas des personnages inexistants.



Je ne doute pas un instant que tu aies aimé Même Pas Mort et Les Crépusculaires. Ça veut dire que pour la partie du public qui a tes attentes et tes références bibliographiques, ton avis est fondé. Je comprend et je respecte ça. Pour la partie du public qui partage mes attentes et mon ressenti, c'est plutôt le mien qui fait sens. Deux avis littéraires diamétralement opposés peuvent être également valables.
_________________
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