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Ursula K. Le Guin

 
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Soleil*
Super Nov-A


Inscrit le: 12 Avr 2006
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MessagePosté le: Mer Jan 24, 2018 11:13 am    Sujet du message: Ursula K. Le Guin Répondre en citant

Cette auteure américaine de SF et de fantasy s'est éteinte ce 22 janvier 2018 à l'âge de 88 ans.
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Il s’évanouit tout doucement à commencer par le bout de la queue,
et finissant par sa grimace qui demeura quelque temps après que le reste fut disparu.
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Lisbeï



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MessagePosté le: Jeu Jan 25, 2018 2:32 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Oui, je viens de l'apprendre, et je suis toute triste :-(.
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Crazy
Cannibale Lectrice


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MessagePosté le: Mar Jan 30, 2018 11:17 am    Sujet du message: Répondre en citant

Un bon article nécrologique (en anglais) : https://www.nytimes.com/2018/01/23/obituaries/ursula-k-le-guin-acclaimed-for-her-fantasy-fiction-is-dead-at-88.html
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Crazy
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Il ne faut pas confondre ce qui est personnel et ce qui est important (Terry Pratchett)
Et maintenant, j'ai un blog
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Lisbeï



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MessagePosté le: Jeu Fév 01, 2018 1:30 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Merci :-). Plaisant à lire, mais j'ai regretté l'absence de mention des oeuvres les plus récentes, et je pense notamment à Lavinia.
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Lisbeï



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MessagePosté le: Mar Fév 06, 2018 11:46 am    Sujet du message: Répondre en citant

Pour les autres amateurs/trices, je signale cette émission de radio https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-methode-scientifique-vendredi-2-fevrier-2018 d'une durée d'une heure, consacrée à Le Guin.
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Lisbeï



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MessagePosté le: Dim Nov 11, 2018 12:35 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je recopie ici une partie de la chro que j'ai tirée des différents hommages que les organisateurs des Utopiales avaient mis en place. La version complète est ici http://www.climaginaire.com/#/DetailChro/50747

Dans l'édition 2018 des Utopiales, les organisateurs du festival ont souhaité rendre un hommage à la grande écrivaine décédée en début d'année.

Le documentaire sur son œuvre était si bien fait et passionnant que j'ai assisté à ses deux projections. Si vous avez la possibilité de vous le procurer, surtout n'hésitez pas, c'est à mon avis un must : si vous connaissez déjà l'auteure, vous approfondirez votre connaissance à la fois de sa personne, grâce aux aspects biographiques, et de son œuvre, et si vous ne la connaissez pas encore, cela vous donnera sans doute envie de remédier à cet état de fait.
Ce documentaire est composé de photos d'Ursula Le Guin à différentes époques de sa vie, d'images de son œuvre, notamment Terremer, et d'interviews de personnes qui la connaissaient bien, qu'il s'agisse de membres de sa famille, de sa biographe américaine, ou de confrères écrivains tels que Neil Gaiman, China Miéville ou David Mitchell. Il y avait aussi un extrait de l'allocution qu'elle a prononcée à la National Book Foundation en novembre 2014, quand on lui a remis la Medal for distinguised contribution to American letters, durant laquelle elle rappelle l'exclusion dont ses consœurs/confrères écrivant dans le champ des littératures de l'imaginaire sont encore tenus, et où elle exprime tout le mal qu'elle pense de la marchandisation de l'art, tout cela à la fois courtoisement et implacablement. Un grand moment, qu'il est possible de trouver sur Youtube. Cette allocution a été reprise dans son recueil d'essais Words are my matter, qui a obtenu en 2017 le prix Hugo, dans la catégorie Best related work. No time to spare : Thinking about what matters, a obtenu le prix Hugo en 2018, catégorie Best related work, après la mort de son auteure.
Ursula K. Le Guin a été couverte d'honneurs à deux périodes de sa vie : la première en 1970-1975, et il faut rappeler qu'elle a été la première femme à recevoir le prix Hugo (catégorie roman, en 1970, pour La main gauche de la nuit), et la seconde à partir de 2000, où elle a à nouveau tout eu, y compris des prix qui n'appartenaient pas au domaine des littératures de l'imaginaire. Elle a utilisé cette reconnaissance et cette visibilité pour parler de ce qui lui tenait à cœur.

Le parallèle entre la vie et l'écriture de ces presque contemporaines que furent "James Tiptree Jr" (Alice Sheldon) et Ursula K. Le Guin est éclairant à la fois, dans chaque cas, sur la façon dont chacune a vécu le rapport entre son sexe et son activité d'écrivaine, mais aussi sur la façon dont l'origine et les expériences vécues dans l'enfance de chacune ont profondément marqué sa personne. Ces deux écrivaines se sont connues, ont correspondu jusqu'à la mort d'Alice Sheldon en 1987, et Le Guin a beaucoup soutenu Alice Sheldon au moment où celle-ci a déposé le masque de Tiptree.

Ce dernier élément ne saurait surprendre les lecteurs/lectrices de La main gauche de la nuit, où Le Guin met en relief combien l'appartenance à l'humanité est plus importante que celle à l'un ou l'autre genre. Il faut rappeler qu'à l'époque de la parution de ce roman (1969), l'auteure "écrivait d'une main et élevait trois enfants de l'autre", si l'on peut dire, et que les féministes ont beaucoup critiqué son usage des formes masculines de la langue pour désigner les hermaphrodites de Géthen (Nivôse). D'abord défensive par rapport à cette critique, elle a plus tard reconnu qu'elle ne l'écrirait plus de la même façon, du fait qu'elle-même et le monde avaient changé entre-temps. De fait, elle n'a véritablement reçu l'approbation des féministes qu'à la parution de Tehanu, que beaucoup d'autres lecteurs/lectrices lui ont reproché, et ce même si, peu après sa sortie aux USA, Les tombeaux d'Atuan, deuxième roman de la trilogie originelle de Terremer, a été inscrit comme lecture obligatoire en Women Studies de plusieurs universités américaines.
Le fait est que le débat sur le féminisme, ou pas, des œuvres de Le Guin ne devrait pas oblitérer les autres aspects politiques de son œuvre, comme son insistance sur la couleur de peau des personnages principaux de Terremer, par exemple, ou cette "utopie ambiguë" que constitue Les dépossédés, bâti sur le projet d'écrire une utopie anarchiste. Dans ce domaine, et sur ses prises de position, il faut lire surtout ses essais, en commençant par le recueil publié en 2016 aux Forges de Vulcain, édité par David Meulemans, intitulé Le langage de la nuit.

Enfin, les aspects idéologiques et/ou politiques de la vie et de l’œuvre d'Ursula K. Le Guin ne sauraient supplanter l'intérêt porté à son écriture, à son art. Elle était, d'abord et avant tout, un poète, et elle a d'ailleurs écrit elle-même le poème d'où est extrait le titre La main gauche de la nuit. Dans ses essais sur l'écriture, elle souligne par exemple l'importance qu'elle attache dans son écriture à l'élégance de la langue anglaise, ce que tout-e lecteur/trice ne pourra que constater, surtout bien sûr en version originale.
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Tybalt



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MessagePosté le: Mar Déc 11, 2018 11:46 am    Sujet du message: Répondre en citant

Je n'ai découvert que récemment les romans de Le Guin, peu avant sa mort. J'en ai lu trois pour le moment : The Left Hand of Darkness, A Wizard of Earthsea et Lavinia. Chacun d'eux a été une lecture mémorable et extraordinaire, très différente des autres romans de la même auteure.

The Left Hand of Darkness (La Main gauche de la nuit) est l'un des plus connus, mais sans doute pas le plus accessible : il faut accepter de se plonger dans un monde dont on ne maîtrise pas tout de suite les codes, avec cette grande scène de procession où j'ai eu un peu de mal à m'immerger. Mais les choses s'améliorent très vite ensuite dès lors qu'on comprend les enjeux de l'intrigue. La planète Gethen est une création passionnante, avec ses humains non Terriens hermaphrodites et dotés de structures sociales et intellectuelles soigneusement évoquées.
C'est un modèle de "planet opera"... mais pas seulement : c'est aussi une évocation du totalitarisme, de l'oppression des Etats, et en même temps un grand récit de voyage et d'amitié. Le tout en un nombre de pages très restreint par rapport à la richesse du texte. Impressionnant.

A Wizard of Earthsea, c'est Harry Potter en un seul tome, écrit avec l'élégance d'une vraie styliste et avec l'ampleur d'une fable philosophique, le tout quarante ans avant le premier roman de J.K. Rowling. Laquelle s'en est forcément inspirée quelque part. Je force le trait, puisque les deux univers comprennent de grandes différences, mais en lisant Le Guin après Rowling, je n'ai pas pu ne pas faire le rapprochement, et en dépit de mon attachement à Harry Potter, j'ai trouvé dans A Wizard of Earthsea une grandeur dans la plume et la réflexion que Rowling n'atteint qu'à grand-peine dans certaines de ses meilleures scènes.
(Bon, et Earthsea comprend en réalité plusieurs tomes, mais l'intrigue du premier roman se tient très bien toute seule.)
Mais alors, quelle plume ! Dès la première page, j'ai retrouvé un art du conte qui m'avait manqué depuis Tolkien.

Lavinia est encore très différent et se destine plus aux amoureux et amoureuses de mythologie romaine. C'est à la fois une réécriture, une préquelle, une suite et un commentaire à l'épopée de Virgile l'Enéide, qui relate le voyage d'Enée, ancêtre des Romains dans leur propagande, jusqu'en Italie, dans le Latium, où ses descendants fonderont Rome. Lavinia est l'épouse que le roi des Latins, Latinus, donne à Enée et qui devient le prétexte à la guerre entre les réfugiés troyens et les Rutules menés par Turnus, qui les rejette et convoite Lavinia.
Lavinia elle-même n'a à peu près aucune existence chez Virgile : ce n'est guère qu'un nom et elle ne parle jamais. Le Guin réussit le tour de force d'écrire une autre version des mêmes événements vus par Lavinia et d'en faire un personnage à la fois doux et très fort, un catalyseur des changements qui se produisent dans le Latium. Le roman est d'une grande profondeur par les multiples reprises et reconfigurations d'informations qu'il puise dans l'épopée antique, tout en la commentant pour en dénoncer les travers (notamment dans l'évocation des hommes et de la guerre). Virgile est présent aussi à travers des visions prémonitoires de Lavinia qui ajoutent un degré de profondeur supplémentaire à l'histoire.
Dois-je ajouter que Le Guin, qui a découvert le latin sur le tard, déploie une capacité extraordinaire à se documenter et signe là l'une des évocations les plus riches et les plus crédibles de la religiosité et de l'état d'esprit des Latins, le tout avec une plume limpide et sans ventres mous encyclopédiques ? Lavinia est pour ainsi dire un chef-d'oeuvre posé.

Je n'ai pas fini de lire cette auteure...
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Si ça vous intéresse : mon blog de lectures (dont des messages postés sur le Coin et étoffés pour l'occasion)
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Lisbeï



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MessagePosté le: Ven Déc 14, 2018 9:08 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'étais sûre que tu aimerais La main gauche de la nuit et Lavinia. Si ça t'intéresse, mon avis à son propos est ici http://www.climaginaire.com/#/DetailChro/30890.

Je trouve très injuste de comparer Le sorcier de Terremer et la saga Harry Potter. Que ce soit pour dire que l'école de Roke n'est que peu de chose par rapport à Poudlard *Rolling Eyes* (si si ! J'ai lu ça *Laughing* *Twisted Evil* !) ou pour dire que le monde de Terremer a beaucoup plus de profondeur.

Ce n'est pas que je ne sois pas d'accord, mais le projet de Rowling dans sa série est totalement différent : il s'agit de montrer le développement et la maturation d'un tout jeune garçon marqué, depuis son plus jeune âge, par un conflit qui le dépasse largement, mais qui finira par reposer presque sur ses seules épaules. Cela n'a absolument rien à voir avec Ged. Même si ce dernier aussi se retrouvera avec une cicatrice au visage... mais il se la sera un peu cherchée, tout de même ! Sans compter que les préoccupations des deux auteures, ainsi que leur background respectif, n'ont rien à voir.

Tout ça à mon avis, bien sûr *Smile* , mais ce sont des univers que je fréquente depuis une trentaine d'années (pour Terremer), ou assidûment, si depuis une date + récente, pour HP.
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Hoël
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MessagePosté le: Sam Déc 15, 2018 4:38 pm    Sujet du message: Répondre en citant

C'est curieux qu'on parle si peu du Nom du monde est forêt ou des Dépossédés qui sont mes deux bouquins préférés de la grande dame, je me souviens avoir fait lire le second à ma directrice de thèse qui était spécialiste de Dostoïevski et qui y a vu une réponse passionnante aux Possédés (depuis retraduits en démons).
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Lisbeï



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MessagePosté le: Sam Déc 15, 2018 7:06 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je laisse à ta directrice de thèse la responsabilité de ses dires, sûrement bien informés, étant moi-même totalement réfractaire à la littérature russe en général et à Dostoïevski en particulier *Embarassed* .

Pour ce qui concerne Les dépossédés, je suis entièrement d'accord avec toi, et il me semble l'avoir dit le + clairement possible ici http://www.climaginaire.com/#/DetailChro/23633. D'ailleurs, c'est une bonne idée, tiens, je devrais aussi faire une chro sur Le nom du monde est Forêt, à propos duquel aussi je suis totalement d'accord avec toi, même si j'ai tendance à lui préférer La main gauche de la nuit.
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