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A la recherche du temps perdu - Marcel Proust

 
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Auteur Message
Outremer



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MessagePosté le: Mar Mai 19, 2009 8:25 pm    Sujet du message: A la recherche du temps perdu - Marcel Proust Répondre en citant

Je me suis lancé dans la Recherche voilà déjà plusieurs mois, mais je n'y progresse que très lentement (je n'ai que récemment entamé "Un amour de Swann"). Cette lenteur ne signifie pourtant pas que je n'aime pas ; c'est plutôt que l'oeuvre, par son atmosphère contemplative et ses fameuses phrases à rallonge, m'impose ce rythme.

Je n'ai actuellement lu en entier que la première partie de Du côté de chez Swann, intitulée "Combray". Elle est à peu près dénuée de scénario : le narrateur y décrit sa jeunesse par le biais de sensations (répétées ou uniques) qui ont eu un profond effet sur sa sensibilité, son imagination et sa mémoire.

Le style de Proust est fameux pour ses phrases interminables, qui nécessitent parfois plusieurs lectures pour saisir quel adjectif ou quel verbe va avec quel nom. Mais je me suis immergé avec une facilité surprenante dans cette forme si particulière. Les phrases de Proust ne sont pas lourdes, tout au contraire : par de simples mots, elles transcrivent avec une précision extraordinaire les émotions et les états d'esprit les plus subtils et les plus élaborés. Cette capacité d'expression est peut-être ce que Proust a de plus remarquable.

Il y a beaucoup de très belles descriptions de lieux, qui associent harmonieusement les éléments physiques aux sentiments qu'ils inspirent. Il y a aussi un certain nombre de portraits très hauts en couleurs des personnages qui peuplent ces lieux (à commencer bien sûr par la famille du narrateur). C'est dans certains de ces portraits que s'exprime l'humour de l'auteur.

La mémoire est un thème central de "Combray" (qui trouve une de ses illustrations les plus marquantes dans la fameuse anecdote de la madeleine). "Un amour de Swann" me semble plutôt centré sur les associations de sentiments et les représentations qui engendrent l'amour, mais je n'en suis pas encore assez loin pour pouvoir en parler avec précision.
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krys



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MessagePosté le: Mer Mai 20, 2009 12:10 pm    Sujet du message: Répondre en citant

bonne découverte pour ce cycle étonnant ! je l'ai lu deux fois et je trouve qu'on s'immerge totalement dans l'univers de l'écrivain, fait principalement de sensations, de retours en arrière... excellentes descriptions aussi de l'oeuvre artistique (peinture) et des personnages...
j'ai lu aussi une analyse de ce cycle qui m'a beaucoup marquée "le temps sensible" de Julia Kristeva.
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Turb
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MessagePosté le: Mer Mai 20, 2009 11:43 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Quatre mois de lecture intensive, 6 volumes de Pléiade, immersion totale, l'année dernière. Aucun regret. C'est un bout de vie, de le lire (il y en a qui le relisent plusieurs fois !). Je m'en souviendrai.

Oui, sur ces dizaines de milliers de pages, je me suis parfois ennuyé (surtout les délires artistiques), mais d'autres sont éblouissantes. Toute la relation avec Albertine, et ce qui suit, est splendide.

Comme Outremer, j'ai été assez surpris pas le style : contrairement à la réputation qu'on lui fait, il est très agréable, très fluide, et finalement pas difficile à lire. C'est peut-être parce que j'ai un mode de lecture très inconscient : je ne décode pas une phrase, je la parcours. Quant à dire que ce style est magnifique, c'est assez évident.

Et, plus étonnant, plus le temps passe, meilleur mon souvenir est.
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En cours de lecture : Le Mythe de Sisyphe, d'Albert Camus
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Elly



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MessagePosté le: Mar Aoû 04, 2009 11:32 am    Sujet du message: Répondre en citant

Comme Turb, j'ai oscillé entre l'éblouissement de moments géniaux, et parfois l'ennui pendant des pages et des pages... mais cela reste une grande œuvre, incontestablement.
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Outremer



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MessagePosté le: Mer Mai 11, 2011 6:08 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'approche désormais des deux tiers de A l'ombre des jeunes filles en fleur. Je lis ce livre-ci beaucoup plus rapidement que le précédent, peut-être parce que je me suis habitué au style.

J'ai trouvé qu'il y avait un peu plus d'histoire que dans Du côté de chez Swann : la première moitié du livre suit une progression à peu près chronologique de sa relation avec Gilberte et Mme Swann. Mais les thèmes abordés restent similaires. Proust attache une importance particulière aux constructions de l'imagination et à la manière dont elles affectent notre perception de la réalité.

On trouve toujours d'excellents portraits et des moments empreints d'une atmosphère saisissante.
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Lisbeï



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MessagePosté le: Mer Mai 11, 2011 7:03 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Proust a, à mon avis, un oeil d'entomologiste féroce pour les portraits, et son style est d'une précision véritablement unique. J'avais adoré La Recherche la 1ère fois que je l'ai lu. A ma seconde lecture, j'ai calé vers Sodome et Gomorrhe, mais je ne désespère pas de le reprendre... D'autant que j'ai un souvenir ébloui du dernier tome, Le temps retrouvé.
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Outremer



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MessagePosté le: Mer Mai 11, 2011 7:57 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Lisbeï a écrit:
Proust a, à mon avis, un oeil d'entomologiste féroce pour les portraits

Tout à fait ! Même si ce n'est pas ce pour quoi il est le plus connu, son oeuvre inclut beaucoup de portraits satiriques très incisifs visant la bourgeoisie et la noblesse.
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carole



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MessagePosté le: Jeu Mai 12, 2011 12:13 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai lu tous les ouvrages composant "A la recherche du temps perdu" et j'ai énormément aimé.
Suite à ces lectures, Proust est devenu mon auteur préféré !
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Ptyx



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Messages: 68

MessagePosté le: Lun Mai 23, 2011 9:38 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai lu la Recherche il y a quelques années. Tous les passages ne sont pas passionnants bien sûr, mais ça n'empêche pas que ça soit génial.
Il y a un avant et un après la lecture de la Recherche. J'ai l'impression d'être beaucoup plus sensible aux détails du monde qui m'entourent depuis (que cela concerne les paysages, la psychologie des gens ou bien mon propre ressenti). Plus qu'une oeuvre, c'est une expérience: on en ressort l'esprit et le coeur affinés. *Smile*

Si on m'obligeait à élire mon "tome" préféré, je choisirais sans doute A l'Ombre des Jeunes Filles en Fleurs. Mais bon, Albertine Disparue, le Temps Retrouvée, et cette immense première partie de Du Côté de Chez Swann, ce sont quand même de grands moments.
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aurele



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MessagePosté le: Sam Jan 28, 2012 5:24 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai entamé Du côté de chez Swann en août me semble-t-il et la deuxième partie de Combray fin septembre et je viens seulement de la finir avant-hier à cause de mes lectures prioritaires pour les cours et d'autres lectures en parallèle. Il me reste évidemment à lire Un amour de Swann et Nom de pays : le nom pour finir ce premier volume mais je dois dire que je suis tombé dans la marmite Proust. Il va se placer au niveau de mes écrivains préférés français voire sans doute toute nationalité confondue. J'ai pris des notes sur mes passages préférés de Combray. L'écriture de Proust est d'une beauté suprême, d'une sensibilité incroyable. La peinture du souvenir est magistrale avec une intervention de tous les sens qui ont un impact sur le lecteur qui doit lui aussi essayer de faire appel à tous ses sens pour saisir la matière du souvenir proustien. Le paysage proustien est merveilleux, j'adore ses descriptions pleine de couleurs, de textures, valables pour d'autres éléments que les paysages (exemple des asperges d'un repas préparé par Françoise). Les descriptions proustiennes sont pleines de finesses, de nuances, notamment en terme de couleur. La description des églises que ce soit celle de Combray ou des clochers de Martinville, la description de Tansonville et du cours de la Vivonne me marqueront longtemps et ce sera un plaisir de les relire. Le rapport à la lecture est un autre aspect important développé dans cette première partie du roman et évidemment cela m'a intéressé. Il y a la figure de la grand-mère et celle de Bergotte qui sont capitales dans ce rapport pour le narrateur à la lecture débouchant sur une envie d'écrire lui-même. Il y a beaucoup de tendresse également dans l'évocation de certains personnages comme la grand-mère, la tante Leonie et la mère, trois femmes dont le narrateur est très proche. Le narrateur et les personnages sont attachants, notamment là encore Leonie, Françoise et la grand-mère. L'évocation des promenades du narrateur m'ont beaucoup plus avec là encore une grande richesse de détails, de nuances dans les descriptions. Les relations des personnages dans la société sont un autre aspect important qui sera présent je pense dans toute la Recherche et cela va être encore plus important dans la suite de ce roman avec la société des Verdurin, Swann qui va prendre de l'importance car je connais des extraits dont le début de Un amour de Swann vu en hypokhâgne. Le portrait de Madame de Guermantes est magistral, sublime. Proust, c'est tout simplement génial, cela se lit lentement et avec délectation, il y a un grand plaisir du texte, de l'écriture dont il faut goûter chaque mot, chaque phrase selon moi.
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Lisbeï



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MessagePosté le: Sam Jan 28, 2012 8:29 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Bienvenue au club des fans, Aurèle ;-D !
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Même le soleil se couche.
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aurele



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MessagePosté le: Sam Jan 28, 2012 8:56 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Lisbeï a écrit:
Bienvenue au club des fans, Aurèle ;-D !


As tu réussi lors de ta deuxième lecture à aller au-delà de Sodome et Gommorhe finalement?
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Hoël
Pygmalion


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MessagePosté le: Sam Jan 28, 2012 10:45 pm    Sujet du message: Répondre en citant

aurele a écrit:
J'ai entamé Du côté de chez Swann en août me semble-t-il et la deuxième partie de Combray fin septembre et je viens seulement de la finir avant-hier à cause de mes lectures prioritaires pour les cours et d'autres lectures en parallèle. Il me reste évidemment à lire Un amour de Swann et Nom de pays : le nom pour finir ce premier volume mais je dois dire que je suis tombé dans la marmite Proust. Il va se placer au niveau de mes écrivains préférés français voire sans doute toute nationalité confondue. J'ai pris des notes sur mes passages préférés de Combray. L'écriture de Proust est d'une beauté suprême, d'une sensibilité incroyable. La peinture du souvenir est magistrale avec une intervention de tous les sens qui ont un impact sur le lecteur qui doit lui aussi essayer de faire appel à tous ses sens pour saisir la matière du souvenir proustien. Le paysage proustien est merveilleux, j'adore ses descriptions pleine de couleurs, de textures, valables pour d'autres éléments que les paysages (exemple des asperges d'un repas préparé par Françoise). Les descriptions proustiennes sont pleines de finesses, de nuances, notamment en terme de couleur. La description des églises que ce soit celle de Combray ou des clochers de Martinville, la description de Tansonville et du cours de la Vivonne me marqueront longtemps et ce sera un plaisir de les relire. Le rapport à la lecture est un autre aspect important développé dans cette première partie du roman et évidemment cela m'a intéressé. Il y a la figure de la grand-mère et celle de Bergotte qui sont capitales dans ce rapport pour le narrateur à la lecture débouchant sur une envie d'écrire lui-même. Il y a beaucoup de tendresse également dans l'évocation de certains personnages comme la grand-mère, la tante Leonie et la mère, trois femmes dont le narrateur est très proche. Le narrateur et les personnages sont attachants, notamment là encore Leonie, Françoise et la grand-mère. L'évocation des promenades du narrateur m'ont beaucoup plus avec là encore une grande richesse de détails, de nuances dans les descriptions. Les relations des personnages dans la société sont un autre aspect important qui sera présent je pense dans toute la Recherche et cela va être encore plus important dans la suite de ce roman avec la société des Verdurin, Swann qui va prendre de l'importance car je connais des extraits dont le début de Un amour de Swann vu en hypokhâgne. Le portrait de Madame de Guermantes est magistral, sublime. Proust, c'est tout simplement génial, cela se lit lentement et avec délectation, il y a un grand plaisir du texte, de l'écriture dont il faut goûter chaque mot, chaque phrase selon moi.


Beaucoup de finesse dans le ressenti , on peut ajouter que le brave Marcel a un don de peintre par les mots , c'est un des rares écrivains qui évoquent véritablement les autres arts (la musique est particulièrement amplifiée par la descriptions des sensations qu'elle procure) .

Malgré tout , le côté de Guermantes m'a ennuyé à mourir . La futilité , ça va bien un moment !
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Lisbeï



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MessagePosté le: Dim Jan 29, 2012 8:45 am    Sujet du message: Répondre en citant

aurele a écrit:
Lisbeï a écrit:
Bienvenue au club des fans, Aurèle ;-D !


As tu réussi lors de ta deuxième lecture à aller au-delà de Sodome et Gommorhe finalement?

Non, j'ai trop de choses à lire, et je ne trouve pas le temps *Razz* . Mais je replongerai dans la Recherche, c'est sûr. Quand je ne serai + chroniqueuse, pitêt *Mr. Green* .
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caroliver



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MessagePosté le: Lun Mar 12, 2012 9:32 am    Sujet du message: Répondre en citant

Tous ces commentaires m'encouragent à franchir le cap et à me plonger dans Proust !
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aurele



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MessagePosté le: Lun Aoû 06, 2012 3:25 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai fini il y a deux jours "Un amour de Swann", partie centrale de Du côté de chez Swann. Le clan des Verdurin est vraiment détestable mais permet d'introduire de nouveaux personnages assez intéressants dont Madame Verdurin évidemment. La relation de Swann avec Odette de Crécy, femme aux moeurs légères, cocotte, cruche est au centre de cette partie. Proust dépeind à merveille le sentiment amoureux et les affres de la jalousie. Le personnage de Swann, très cultivé permet d'introduire un rapport important à l'art, chose évidemment délectable. Swann est un personnage qui agace et touche en même temps. Lui-même ne comprend pas avec le recul ce qu'il a trouvé à Odette et le mal qu'il s'est infligé à cause de cet amour.
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aurele



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MessagePosté le: Lun Aoû 27, 2012 11:40 am    Sujet du message: Répondre en citant

J'ai terminé récemment Du côté de chez Swann. La 3e partie est la plus courte comme ceux qui connaissent un peu Proust doivent le savoir. Je pense qu'elle est capitale pour la suite car toute la relation entre le narrateur et Gilberte s'instaure. On croise évidemment à nouveau le père de celle-ci et Odette. Le point de vue du narrateur sur Odette lors de ses promenades est intéressant et la description du Bois de Boulogne est très belle. J'ai aimé également la manière dont le narrateur parle des villes en détaillant ce que lui évoque les noms, notamment dans leur matérialité. Je compte faire une pause avant de m'attaquer à la suite.
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Laria



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MessagePosté le: Ven Aoû 31, 2012 6:47 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Vous me donneriez presque envie de me lancer. *Razz*
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krys



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MessagePosté le: Dim Sep 02, 2012 12:26 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je t'y encourage !
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Outremer



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MessagePosté le: Lun Mai 13, 2013 8:34 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je suis en plein dans Le côté de Guermantes, ayant récemment terminé le premier tome. J'aime toujours beaucoup !

J'ai remarqué avec intérêt dans le premier tome un grand nombre de références à l'Affaire Dreyfus, ce qui ancre l'histoire dans un contexte historique précis. J'ai également trouvé intéressantes les mentions que fait Proust de technologies qui étaient à l'époque très récentes, comme le téléphone ou l'ascenseur.

Le deuxième tome me paraît avoir un caractère assez différent du premier. Le narrateur semble avoir nettement évolué : il n'a pas perdu son caractère rêveur, mais il a un point de vue beaucoup plus sceptique, presque cynique sur ses propres sentiments, et il fait preuve d'un certain égoïsme jouisseur.

Premier ou deuxième tome, j'ai toujours autant de mal à déterminer l'âge du narrateur. Il y a eu des passages du premier tome où je me disais qu'il n'avait encore guère que 16 ans et d'autres où il me paraissait clair qu'il en avait 20 passés.
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Jan Gabriel



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MessagePosté le: Jeu Juin 13, 2013 5:22 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Outremer a écrit:
Je suis en plein dans Le côté de Guermantes, ayant récemment terminé le premier tome. J'aime toujours beaucoup !


Quid d'A l'ombre des jeunes filles en fleurs ?

D'ailleurs, ce tome figure parmi mes lectures actuelles, je reste réservé sur le premier, mais La Recherche dans l'ensemble, promet toujours beaucoup. On verra.
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Outremer



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MessagePosté le: Mer Juin 19, 2013 9:16 am    Sujet du message: Répondre en citant

La première moitié du Côté de Guermantes ressemble un peu à A l'ombre des jeunes filles en fleur par son étude de la manière dont l'imagination fait naître l'intérêt et même l'amour pour une autre personne.

La deuxième moitié (dont je suis en train de lire les dernières pages) est assez nettement différente, beaucoup plus centrée sur la vie mondaine. Le narrateur (qui n'est plus amoureux) y joue un rôle plus passif, presque de spectateur. Le portrait qui est tracé des grands salons de l'époque, de ceux qui les tiennent et de ceux qui y vont, ne manque pas de sel.

J'ai trouvé intéressantes les observations sur le regard que la société de l'époque porte sur les Juifs, ainsi que les références - essentiellement indirectes - à l'homosexualité (Proust étant homosexuel et ayant des origines juives).

Ce qui m'attriste un peu, c'est de me dire que j'en suis désormais à peu près à la moitié de la Recherche et que je commence à me rapprocher d'un avenir où j'aurai tout lu. Pour me consoler, je me dis que je pourrai alors relire l'oeuvre tout entière, et que j'y découvrirai certainement des choses que je n'avais pas saisies la première fois.
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Outremer



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MessagePosté le: Dim Fév 02, 2014 9:51 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'y ai passé un temps déraisonnable, mais j'ai finalement terminé Sodome et Gomorrhe, le quatrième tome de la Recherche.

Au niveau anecdotique, on y trouve la phrase la plus longue jamais écrite dans un roman. Marcel est bien entendu célèbre pour ce genre de choses, mais pour le coup, il s'est vraiment surpassé :

Spoiler:

Sans honneur que précaire, sans liberté que provisoire, jusqu'à la découverte du crime; sans situation qu'instable, comme pour le poète la veille fêté dans tous les salons, applaudi dans tous les théâtres de Londres, chassé le lendemain de tous les garnis sans pouvoir trouver un oreiller où reposer sa tête, tournant la meule comme Samson et disant comme lui: "Les deux sexes mourront chacun de son côté"; exclus même, hors les jours de grande infortune où le plus grand nombre se rallie autour de la victime, comme les juifs autour de Dreyfus, de la sympathie - parfois de la société - de leurs semblables, auxquels ils donnent le dégoût de voir ce qu'ils sont, dépeint dans un miroir, qui ne les flattant plus, accuse toutes les tares qu'ils n'avaient pas voulu remarquer chez eux-mêmes et qui leur fait comprendre que ce qu'ils appelaient leur amour (et à quoi, en jouant sur le mot, ils avaient, par sens social, annexé tout ce que la poésie, la peinture, la musique, la chevalerie, l'ascétisme, ont pu ajouter à l'amour) découle non d'un idéal de beauté qu'ils ont élu, mais d'une maladie inguérissable; comme les juifs encore (sauf quelques-uns qui ne veulent fréquenter que ceux de leur race, ont toujours à la bouche les mots rituels et les plaisanteries consacrées) se fuyant les uns les autres, recherchant ceux qui leur sont le plus opposés, qui ne veulent pas d'eux, pardonnant leurs rebuffades, s'enivrant de leurs complaisances; mais aussi rassemblés à leurs pareils par l'ostracisme qui les frappe, l'opprobre où ils sont tombés, ayant fini par prendre, par une persécution semblable à celle d'Israël, les caractères physiques et moraux d'une race, parfois beaux, souvent affreux, trouvant (malgré toutes les moqueries dont celui qui, plus mêlé, mieux assimilé à la race adverse, est relativement, en apparence, le moins inverti, accable celui qui l'est demeuré davantage), une détente dans la fréquentation de leurs semblables, et même un appui dans leur existence, si bien que, tout en niant qu'ils soient une race (dont le nom est la plus grande injure), ceux qui parviennent à cacher qu'ils en sont, ils les démasquent volontiers, moins pour leur nuire, ce qu'ils ne détestent pas, que pour s'excuser, et allant chercher comme un médecin l'appendicite l'inversion jusque dans l'histoire, ayant plaisir à rappeler que Socrate était l'un d'eux, comme les Israélites disent de Jésus, sans songer qu'il n'y avait pas d'anormaux quand l'homosexualité était la norme, pas d'anti-chrétiens avant le Christ, que l'opprobre seul fait le crime, parce qu'il n'a laissé subsister que ceux qui étaient réfractaires à toute prédication, à tout exemple, à tout châtiment, en vertu d'une disposition innée tellement spéciale qu'elle répugne plus aux autres hommes (encore qu'elle puisse s'accompagner de hautes qualités morales) que de certains vices qui y contredisent comme le vol, la cruauté, la mauvaise foi, mieux compris, donc plus excusés du commun des hommes; formant une franc-maçonnerie bien plus étendue, plus efficace et moins soupçonnée que celle des loges, car elle repose sur une identité de goûts, de besoins, d'habitudes, de dangers, d'apprentissage, de savoir, de trafic, de glossaire, et dans laquelle les membres mêmes, qui souhaitent de ne pas se connaître, aussitôt se reconnaissent à des signes naturels ou de convention, involontaires ou voulus, qui signalent un de ses semblables au mendiant dans le grand seigneur à qui il ferme la portière de sa voiture, au père dans le fiancé de sa fille, à celui qui avait voulu se guérir, se confesser, qui avait à se défendre, dans le médecin, dans le prêtre, dans l'avocat qu'il est allé trouver; tous obligés à protéger leur secret, mais ayant leur part d'un secret des autres que le reste de l'humanité ne soupçonne pas et qui fait qu'à eux les romans d'aventure les plus invraisemblables semblent vrais, car dans cette vie romanesque, anachronique, l'ambassadeur est ami du forçat: le prince, avec une certaine liberté d'allures que donne l'éducation aristocratique et qu'un petit bourgeois tremblant n'aurait pas en sortant de chez la duchesse, s'en va conférer avec l'apache; partie réprouvée de la collectivité humaine, mais partie importante, soupçonnée là où elle n'est pas, étalée, insolente, impunie là où elle n'est pas devinée; comptant des adhérents partout, dans le peuple, dans l'armée, dans le temple, au bagne, sur le trône; vivant enfin, du moins un grand nombre, dans l'intimité caressante et dangereuse avec les hommes de l'autre race, les provoquant, jouant avec eux à parler de son vice comme s'il n'était pas sien, jeu qui est rendu facile par l'aveuglement ou la fausseté des autres, jeu qui peut se prolonger des années jusqu'au jour du scandale où ces dompteurs sont dévorés; jusque-là obligés de cacher leur vie, de détourner leurs regards d'où ils voudraient se fixer, de les fixer sur ce dont ils voudraient se détourner, de changer le genre de bien des adjectifs dans leur vocabulaire, contrainte sociale, légère auprès de la contrainte intérieure que leur vice, ou ce qu'on nomme improprement ainsi, leur impose non plus à l'égard des autres mais d'eux-mêmes, et de façon qu'à eux-mêmes il ne leur paraisse pas un vice.



Sur le fond, il est intéressant de noter que Proust, qui n'avait évoqué jusque-là l'homosexualité que de façon très indirecte, en parle cette fois-ci tout à fait ouvertement. C'est le sujet principal du début du livre et il continue d'être fréquemment mentionné par la suite.

Comme dans le livre précédent, les relations mondaines continuent de jouer un rôle central. Le cadre différent (le livre se passe essentiellement dans la région de Balbec et non plus à Paris) les transforme cependant dans une certaine mesure. Les portraits de personnages sont toujours aussi incisifs.

Une partie importante du livre est par ailleurs consacré à la relation renouvelée entre le narrateur et Albertine. L'étude que fait Proust du sentiment amoureux est toujours très intéressante.

De manière générale, le livre m'est apparu plus sombre que les précédents. Il y a un certain nombre d'allusions au fait que l'avenir du narrateur s'annonce malheureux. On trouve également une référence au mauvais état de santé de Proust lui-même (qui a écrit ce livre, le précédent et les trois suivants dans les toutes dernières années de sa vie).
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krys



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MessagePosté le: Lun Fév 03, 2014 11:54 am    Sujet du message: Répondre en citant

Ah, je viens de le finir, et je passe à La prisonnière !
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Lisbeï



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MessagePosté le: Mar Fév 04, 2014 7:09 am    Sujet du message: Répondre en citant

Dire que je n'ai pas fini de le relire ! Il faut que je m'y remette, j'en ai de bons souvenirs, et j'avais énormément aimé les suivants aussi.
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Tybalt



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MessagePosté le: Jeu Fév 06, 2014 8:12 pm    Sujet du message: Répondre en citant

De mon côté je n'ai encore jamais dépassé le premier tome, c'est une honte *Embarassed* Il faut que je me programme ça, mais plutôt pour un été tranquille.

Outremer a écrit:
Au niveau anecdotique, on y trouve la phrase la plus longue jamais écrite dans un roman. Marcel est bien entendu célèbre pour ce genre de choses, mais pour le coup, il s'est vraiment surpassé


Toujours pour l'anecdote, je crois avoir lu encore beaucoup plus long dans les Géorgiques de Claude Simon (dans mon souvenir il y a quelque part une phrase qui court sur une vingtaine de pages, si on peut encore appeler ça une phrase à ce niveau-là plutôt qu'un souffle).
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krys



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MessagePosté le: Dim Fév 09, 2014 1:50 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Pour ce qui est des trèèèès longues phrases sur plusieurs pages, il me semble que Cohen dans "Belle du Seigneur" a fait fort aussi. Mais je n'ai pas compté. Et je me demande aussi pour "Ulysse" de Joyce. Ca mériterait un topic spécial "la phrase la plus longue"...
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Vassia



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MessagePosté le: Ven Aoû 02, 2019 2:04 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Hello,

J'ai fini Du côté de chez Swann et vous en propose quelques tournures que je me suis notées *Smile*

Proust
A la recherche du temps perdu
(Du côté de chez Swann) 1913


[…], et elle les plaignait pour ne pas avoir à les envier.

[…], comme les bons poètes que la tyrannie de la rime force à trouver leurs plus grandes beautés : […]

Seigneur, que de vertus vous nous faites haïr !

[…], respect qui m’aurait peut-être touché dans un livre mais qui m’irritait toujours dans sa bouche, […]

Mais aussi, parce qu’il n’avait pas de principes (dans le sens de ma grand’mère), il n’avait pas à proprement parler d’intransigeance.

En moi aussi bien des choses ont été détruites que je croyais devoir durer toujours, et de nouvelles se sont édifiées, […]

Son déjeuner lui était une distraction suffisante pour qu’elle n’en souhaitât une autre en même temps.

[…], je ne crois pas beaucoup à la « hiérarchie ! » des arts ; […]

[…], comme l'erreur, par le contraste, rend plus éclatant le triomphe de la vérité – […]

[…] la vie, le seul cadeau que le bon Dieu ne fasse jamais deux fois.

[…] un vers assez bien rythmé, et qui a pour lui, ce qui est selon moi le mérite suprême, de ne signifier absolument rien.

Pour quelle autre vie réservait-il de dire enfin sérieusement ce qu’il pensait des choses, de formuler des jugements qu’il pût ne pas mettre entre guillemets, et de ne plus se livrer avec une politesse pointilleuse à des occupations dont il professait en même temps qu’elles sont ridicules.

[…] cette vie étrange et bruyante des gens riches qui chassent, se donnent des bals, se font des visites […]

Le bonheur des méchants comme un torrent s’écoule.

Le visage même du ciel semblait changé.

Elle nous aimait véritablement, elle aurait eu plaisir à nous pleurer ; […]

Qui du cul d’un chien s’amourose, il lui fait voir une rose.

[..] être le jouet inerte et mécanique du bonheur.

Il y a une jolie qualité de silence, n’est-ce pas, […]

[…], puisque nous ne connaissons jamais que les passions des autres, et que ce que nous arrivons à savoir des nôtres, ce n’est que d’eux que nous avons pu l’apprendre.

[…], une de ces distances dans l’esprit qui ne font pas qu’éloigner, qui séparent et mettent dans un autre plan.

[…], cette plaine qui nous était commune à tous deux semblait nous rapprocher, nous unir, […]

Ça ne devrait pas être permis de savoir jouer Wagner comme ça !

Tout pour les amis, vivent les camarades !

En Auvergne ? pour vous faire manger par les puces et la vermine, grand bien vous fasse !

Il n’avait jamais d’avis qu’après sa femme, […]

Swann, lui, ne cherchait pas à trouver jolies les femmes avec qui il passait son temps, mais à passer son temps avec les femmes qu’il avait d’abord trouvées jolies.

[…], se contentant de finir par appeler plaisirs, faute de mieux, une fois qu’ils sont parvenus à s’y habituer, les divertissements médiocres ou les insupportables ennuis […]

Dans ces affaires, le mieux est de ne rien voir.

Mais à l’âge déjà un peu désabusé […] où l’on sait se contenter d’être amoureux pour le plaisir de l’être sans trop exiger de réciprocité, […]

Vous avez peur d’une affection ? Comme c’est drôle, moi qui ne cherche que cela, qui donnerais ma vie pour en trouver une, […]

[…] d’un accent rendu brutal par la surprise, […]

[…], on a l’air de ne pas engendrer la mélancolie dans votre petit coin là-bas, […]

Elle s’inclina devant Swann avec respect, mais se redressa avec majesté.

Aussi avait-il pris l’habitude de se réfugier dans des pensées sans importance qui lui permettaient de laisser de côté le fond des choses.

[…] ; il tremblait d’être privé d’un plaisir qu’il mesurait pour la première fois, ayant eu jusque-là cette certitude de le trouver quand il le voulait, […]

Ah ! dans ces premiers temps où l’on aime, les baisers naissent si naturellement !

Que de bonheurs possibles dont on sacrifie ainsi la réalisation à l’impatience d’un plaisir immédiat !

[…], elle avait brillanté ses prunelles d’un sourire sournois de félicitations pour l’audace qu’il avait eue, d’ironie pour celui qui en avait été victime ; […]

Il n’avait qu’à être aimable, il serait encore ici, une bonne correction peut être utile à tout âge.

Mais Swann ne sait pas inventer ses souffrances.

Il essaya de sourire, mais il avait l’air atterré.

Vraiment ces gens sont sublimes de bourgeoisisme, ils ne doivent pas exister réellement, ils doivent sortir du théâtre de Labiche !

Tu es une eau informe qui coule selon la pente qu’on lui offre, […]

[…], ayant l’air de rechercher ce qu’il disait vouloir fuir et du reste le fuyant dès qu’il l’aurait trouvé, […]

Alors il s’indignait contre tous les passants comme contre autant de voleurs.

[…] et où maintenant il n’allait plus que pour une de ces raisons à la fois mystiques et saugrenues, qu’on appelle romanesques ; […]

[…] en nous apprenant à chercher notre plaisir ailleurs que dans les satisfactions du bien-être et de la vanité.

[…], linceul de l’image fréquente duquel elle tirait une certaine satisfaction, sinon de bien-être, au moins d’amour-propre.

Vous, en qui elle a tant de confiance, ne pourriez-vous lui dire quelques mots pour moi, lui assurer qu’elle s’exagère le tort qu’un salut de moi lui cause.

Savoir ne permet pas toujours d’empêcher, […]

[…], et le faisait juger par les femmes comme capable de grands chagrins d’amour.

Mme de Gallardon, avec un visage dur, une main tendue comme une carte forcée, lui dit : « Comment va ton mari ? »
[…] ; il aurait eu le courage de rester ; mais il n’avait pas celui de partir.

Il avait le courage de rester mais il n’aurait pas eu celui de partir
[…] dans des lieux nouveaux où les sensations ne sont pas amorties par l’habitude, on retrempe, on ranime une douleur – […]

On ne connaît pas son bonheur. On n’est jamais aussi malheureux qu’on croit.

Un instant Swann sentit que son esprit s’obscurcissait, et il pensa à autre chose pour retrouver un peu de lumière.

Mais alors, après n’avoir pu soupçonner personne, il lui fallut soupçonner tout le monde.

Vilain jaloux qui veut priver les autres d’un plaisir.

[…] c’était une nature froide sans doute, mais aussi incapable de vilenies que de grandes actions ; […]

La vérité qu’il chérissait c’était celle que lui dirait Odette ; […]

[…], se demandent si priver un malade de son vice ou lui ôter son mal, est encore raisonnable ou même possible.

[…], lui dit-il avec une douceur persuasive et menteuse.

Et pourtant cette Odette d’où lui venait tout ce mal, ne lui était pas moins chère, bien au contraire plus précieuse, comme si au fur et à mesure que grandissait la souffrance, grandissait en même temps le prix du calmant, du contrepoison que seule cette femme possédait.

Odette sans être intelligente avait le charme du naturel.

[…] elle vit que ses yeux restaient fixés sur les choses qu’il ne savait pas […]

[…] ; en somme le vice est quelque chose de plus répandu qu’on ne croit.

Ma consolation, c’est de penser aux femmes que j’ai connues, aujourd’hui qu’il n’y a plus d’élégance.

[…] je n’avais pas su découvrir les plaisirs que je désirais.


(Du côté de chez Swann)


Dernière édition par Vassia le Sam Aoû 01, 2020 11:20 pm; édité 1 fois
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Vassia



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MessagePosté le: Jeu Oct 10, 2019 9:49 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Dans ma lecture de "A la recherche du temps perdu", j'ai fini il y a peu "Le Côté de Guermantes".
Je l'ai fini, j'en suis venu vaillamment à bout pourrais-je dire plutôt *Wink*

Autant dans "Du côté de chez Swann" on peut trouver quelques belles choses vers la fin sur le désespoir de l'abandon et dans "A l'ombre des jeunes filles en fleur" quelques trucs sur l'art et le bord de mer, autant dans ce troisième tome je ne vois pas quoi en garder...
Que des papoteries stériles de salons mondains. Que les aspects parfois ennuyeux de certains Balzac ou Dostoievski. Et encore chez Dostoievski au cours des discussions mondaines on n'est jamais à l'abri d'un événement improbable : un paquet d'argent jeté au feu, un poème louffoque, un coup de poing surprise... ici non juste des considérations diverses ne menant à rien.

Le pire dans tout ça c'est qu'à plusieurs reprises Proust cite Balzac et notamment la nouvelle "Le bal de Sceaux" que j'avais trouvé super ennuyeuse. Le pire c'est ça : c'est qu'il savait en écrivant ce bouquin "Le Côté de Guermantes" qu'il n'inventait rien de neuf.

On m'a dit "tu comprendras la force de La Recherche en lisant le dernier tome", donc suspense, mais pour le moment je ne comprends pas le mythe construit autour de cet auteur...
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krys



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MessagePosté le: Sam Oct 12, 2019 1:07 pm    Sujet du message: Répondre en citant

mais Balzac n'est jamais ennuyeux, toujours passionné. J'ai eu le plaisir cet été de découvrir le musée Balzac en Touraine "Saché !" du roman le Lys dans la vallée, et j'en ai été toute retournée.
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Vassia



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MessagePosté le: Dim Oct 13, 2019 10:11 pm    Sujet du message: Répondre en citant

krys a écrit:
mais Balzac n'est jamais ennuyeux, toujours passionné. J'ai eu le plaisir cet été de découvrir le musée Balzac en Touraine "Saché !" du roman le Lys dans la vallée, et j'en ai été toute retournée.

J'aime beaucoup Balzac, j'en ai lu pas mal, mais honnêtement il y a dans certains récits indéniablement des longueurs sentant l'ancien *Smile*
Il s'agit de descriptions non nécessaires au récit, mais encore une fois c'est fluctuant selon ces écrits.
Par exemple dans Le colonel Chabert, il y a des passages clairement ennuyeux.

En revanche chez Balzac je ne me souviens pas avoir rencontré de discours sur les choses ou les êtres comme chez Proust. Ce doit être en partie pour ceci que je préfère Balzac à Proust.

Des discours chez Proust, il y en a en veux-tu en voilà : sur l'inculture d'une domestique, sur l'art militaire, sur la place des juifs dans la société, sur le vocabulaire en tant que marqueur social...

Me voici donc dans Sodome et Gomorrhe
hop un discours sur les homosexuels (les invertis)

C'est pas mon truc les discours dans les romans

Mise à jour : Voici encore une allusion à Balzac avec "Le cabinet des antiques".
Encore un bouquin bien écrit mais autocentré sur des histoires de renommée de familles et de salons mondains. (Qui n'accouche pas de grand chose hormis de la description même des relations au sein de ces milieux bourgeois et/ou aristocratiques).
Bon ce n'est pas directement le narrateur qui cite Le Bal de Sceaux et Le cabinet des antiques, ce sont des aristocrates dont le narrateur (souvent en retrait des conversations) relate les propos.
Mais enfin si l'intention de Proust est de décrire des conversations ennuyeuses histoire de faire savoir au lecteur qu'il existait en ce temps-là des conversations ennuyeuses ce n'était peut-être pas la peine d'en remplir tant de pages...

L'impression que j'ai c'est que, du moins pour les volumes 3 et 4 de La Recherche, Proust s'est engouffré dans l'esprit de certains bouquins de Balzac (pas les plus passionnants je trouve) et a brodé là-dessus tant que possible.

La lumière de cette saga viendra peut-être d'ailleurs *Smile*
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Vassia



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MessagePosté le: Mar Juil 28, 2020 4:15 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Voici l'été, le temps des mises au propre de mes lectures de l'année *Smile*

Voici les tournures de phases que je me suis notées de A l'ombre des jeunes filles en fleurs *Smile*

A l'ombre des jeunes filles en fleur (Marcel Proust) 1919
[...] l’idée qu’on s’est faite longtemps d’une personne bouche les yeux et les oreilles [...]
[...], n’oubliant pas de dire des choses désagréables.
[...] étant généralement peu aimable, il avait l’habitude de n’être pas recherché en dehors du cercle de ses intimes et l’avouait avec simplicité.
[...] comme il était lui-même colossalement riche, il trouvait de bon goût d’avoir l’air de juger considérables les revenus moindres d’autrui, avec pourtant un retour joyeux et confortable sur la supériorité des siens.
[...] une des manières de renouveler l’air, [...], c’est de casser les vitres.
Le mot était attendu, il a été choisi à merveille, vous avez vu comme il a porté.
[...] avec les princes on ne sait jamais, [...]
Après tout, d’autres que vous en ont de pareils sur la conscience, et vous n’êtes pas le seul qui se soit cru poète à son heure.
Néanmoins, j’avoue qu’il y a un degré d’ignominie dont je ne saurais m’accommoder, [...]
[...] sa mère voulût la faire paraître plus longtemps enfant, afin de se rajeunir elle-même ; [...]
[...] comme ce langage natal que les vaincus s’efforcent de maintenir pour ne pas oublier la patrie qu’ils ne reverront pas.
Pendant un instant elle ne fit que frapper d’irréalité tout ce qui m’entourait.
La vie est semée de ces miracles que peuvent toujours espérer les personnes qui aiment.
[...] qui ne perdait jamais une occasion de manifester de l’indifférence pour tout ce qui donnait de la vanité à ses parents
[...], le type de la bourgeoisie réactionnaire, cléricale, à idées étroites.
Mais pareille aux kaléidoscopes qui tournent de temps en temps, la société place successivement de façon différente des éléments qu’on avait cru immuables et compose une autre figure.
Et on conclura que cet asservissement de l’élite à la vulgarité est de règle dans bien des ménages, [...]
[...] grâce à sa nouveauté, elle n’est pas associée dans leur esprit, comme les précédentes, avec ce qu’ils croient devoir détester.
Les princes se savent princes, [...]
[...], il goûtait un divertissement assez vulgaire à faire comme des bouquets sociaux en groupant des éléments hétérogènes, en réunissant des personnes prises ici et là.
[...] si Odette l’avait aimé plus qu’il n’avait cru, elle l’avait aussi trompé davantage.
Pour que la jalousie de Swann renaquît, il n’était pas nécessaire que cette femme fût infidèle, il suffisait que pour une raison quelconque elle fût loin de lui, [...]
[...], ces représailles il n’y tenait plus ; avec l’amour avait disparu le désir de montrer qu’il n’avait plus d’amour.
[...] on ne trouve jamais aussi hauts qu’on les avait espérés une cathédrale, une vague dans la tempête, le bond d’un danseur ;
[...] avec cette même mélancolie qui était dans ses yeux et n’était pas dans son cœur.
Aussi l’homme de génie pour s’épargner les méconnaissances de la foule se dit peut-être que les contemporains manquant du recul nécessaire, les œuvres écrites pour la postérité ne devraient être lues que par elle, comme certaines peintures qu’on juge mal de trop près.
Si je ne compris pas la Sonate, je fus ravi d’entendre jouer Mme Swann.
[...] les réponses faibles des vagues que naturellement on entend très bien puisque le reste ne peut pas remuer.
[...] des attentions délicates, longuement méditées, un désir de faire plaisir, une peur de mécontenter, se traduisant par de petites choses qui souvent lui donnaient beaucoup de mal.
Comment oublier jamais quelqu’un qu’on aime depuis toujours !
[...], je n’arrivais à connaître mon bonheur, [...]
[...], heureuse de faire à Mme Swann une politesse qui ne tirait pas à conséquence et de laquelle on savait qu’elle ne chercherait pas à profiter ensuite, [...]
[...] ; rien n’altère autant les qualités matérielles de la voix que de contenir de la pensée [...]
[...], ouverts aux autres par la conversation, nous sommes dans une certaine mesure fermés à nous-même.
[...] qui l’avait fait passer tant d’années pour un artiste stérile, précieux, ciseleur de riens, était au contraire le secret de sa force, [...]
[...]il avait appris par le suffrage des autres qu’il avait du génie, à côté de quoi la situation dans le monde et les positions officielles ne sont rien.
[...] des ruses de gentleman voleur de fourchettes, [...]
[...] de même il peut y avoir vice par hypersensibilité comme il y a vice par manque de sensibilité.
[...] un souvenir qui n’était plus modifiable, mince comme une image dépourvue de ces dessous profonds du présent [...]
Pour les gens nerveux il faudrait toujours qu’ils aimassent, comme disent les gens du peuple, « au-dessous d’eux » afin qu’une question d’intérêt mît la femme qu’ils aiment à leur discrétion.
[...] d’un ton détaché, ennuyé, comme s’il voulait rester en quelque sorte en dehors de ce qu’il disait, [...]
Les trois quarts du mal des gens intelligents viennent de leur intelligence.
[...] avec la stupidité du bon sens [...]
[...] on n’invente pas tout ce qu’on dit, surtout dans les moments où on agit comme personnage social.
[...] ne pas la comprendre n’a jamais fait trouver une plaisanterie moins drôle [...]
J’aurais fait violer une morte que je n’aurais pas souffert davantage.
[...], j’eus le courage de prendre subitement la résolution de ne plus la voir, et sans le lui annoncer encore, parce qu’elle ne m’aurait pas cru.
Si j’avais été moins décidé à me mettre définitivement au travail, j’aurais peut-être fait un effort pour commencer tout de suite.
Ce n’est jamais qu’à cause d’un état d’esprit qui n’est pas destiné à durer qu’on prend des résolutions définitives.
[...] la même maladie évolue ; et un délicieux poison n’est plus toléré de même quand, avec les années, a diminué la résistance du cœur.
En réalité, dans l’amour il y a une souffrance permanente, que la joie neutralise, rend virtuelle, ajourne, mais qui peut à tout moment devenir ce qu’elle serait depuis longtemps si l’on n’avait pas obtenu ce qu’on souhaitait, atroce.
[...] ce jour où les coupables assurent que leur innocence sera reconnue et qui, pour des raisons mystérieuses, n’est jamais celui où on les interroge [...]
Nous sommes tous obligés, pour rendre la réalité supportable, d’entretenir en nous quelques petites folies.
[...] j’envie les gens qui savent déguiser leur pensée.
[...] j’avoue que rien ne m’amuse comme les petites méchancetés. Sans cela la vie serait bien monotone.
[...] ces deux explications ne s’excluent pas car un seul sentiment est quelquefois fait de contraires [...]
[...] cette force que l’imagination dirigeait vers l’avenir, elle la puisait malgré tout dans le passé.
J’aimais toujours celle qu’il est vrai que je croyais détester.
On devient moral dès qu’on est malheureux.
[...], ceux qui souffrent par l’amour sont, [...], leur propre médecin.
[...], ce qui est aussi trompeur et précaire qu’avait été le bonheur même, c’est le calme.
[...], la permanence et la durée ne sont promises à rien, pas même à la douleur.
[...] la meilleure part de notre mémoire est hors de nous, [...]
[...] dissimulée auparavant dans des allées et venues et des préparatifs qui n’engagent pas définitivement, une séparation apparaît brusquement impossible à souffrir, alors qu’elle n’est déjà plus possible à éviter, [...]
Je vais être obligée de me servir de tout le courage que tu n’as pas.
[...] cette action [...], dont l’exécution devenait nécessaire à prouver ma liberté [...]
Les levers de soleil sont un accompagnement des longs voyages en chemin de fer, [...]
Je ressentis devant elle ce désir de vivre qui renaît en nous chaque fois que nous prenons de nouveau conscience de la beauté et du bonheur.
[...], soumise à la tyrannie du Particulier [...]
De la place, il n’y en avait pas pour moi dans ma chambre [...] (mienne de nom seulement), elle était pleine de choses qui, ne me connaissant pas, me rendirent le coup d’œil méfiant que je leur jetai et, sans tenir aucun compte de mon existence, témoignèrent que je dérangeais le train-train de la leur.
Ce n’est pas que notre cœur ne doive éprouver lui aussi, quand la séparation sera consommée, les effets analgésiques de l’habitude ; mais jusque-là il continuera de souffrir.
Dans la vie de bains de mer on ne connaît que ses voisins.
Je n’étais pas encore assez âgé et j’étais resté trop sensible pour avoir renoncé au désir de plaire aux êtres et de les posséder.
[...] obligé de faire bon visage aux souverains plus généreux qu’authentiques, [...]
[...], le dédain mal informé d’autrui est négligeable.
[...], c’est dans son monde qu’elle continuait à vivre par la correspondance avec ses amies, par le souvenir, par la conscience intime qu’elle avait de sa situation, [...]
[...] M. de Stermaria gardait l’air glacial, pressé, distant, rude, pointilleux et malintentionné, qu’on a dans un buffet de chemin de fer au milieu de voyageurs qu’on n’a jamais vus, qu’on ne reverra pas, et avec qui on ne conçoit d’autres rapports que de défendre contre eux son poulet froid et son coin dans le wagon.
Une grande question sociale, de savoir si la paroi de verre protégera toujours le festin des bêtes merveilleuses et si les gens obscurs qui regardent avidement dans la nuit ne viendront pas les cueillir dans leur aquarium et les manger.
[...] elle avait reconnu dans ce gentilhomme-fermier à allure de sacristain les signes maçonniques de son propre cléricalisme.
[...] mais qu’est-ce que ça a de chic d’avoir des amis à déjeuner ? Faut bien qu’ils déjeunent quelque part !
[...],le cœur ayant suivi le dialogue, [...]
[...]pour éviter d’avoir à parler des choses qu’elle aimait devant quelqu’un qui ne pouvait les comprendre [...]
Oh ! moi, vous savez, disait-elle avec orgueil, je commence toujours par croire le mal.
[...] qu’elle [la bourgeoisie] croit d’autant plus dénué de relations qu’il est plus aimable.
[...] ils restaient là seulement comme des choristes qui, même quand ils ne servent à rien, demeurent en scène pour ajouter à la figuration.
[...], il rêvait tristement au sort envié de ses frères et conservait son immobilité végétale.
Mais ce n’est pas seulement son corps que j’aurais voulu atteindre, c’était aussi la personne qui vivait en lui et avec laquelle il n’est qu’une sorte d’attouchement, qui est d’attirer son attention, qu’une sorte de pénétration, y éveiller une idée.
[...], de ces arbres eux-mêmes, en revanche je ne sus jamais ce qu’ils avaient voulu m’apporter [...]
[...] le réveil des souvenirs mettait au milieu de la réalité matériellement perçue une part assez grande de réalité évoquée, songée, insaisissable, [...]
Plus tard on voit les choses d’une façon plus pratique, en pleine conformité avec le reste de la société, mais l’adolescence est le seul temps où l’on ait appris quelque chose.
Une pourtant se trouva repasser sous mes yeux, dans des conditions telles que je crus que je pourrais la connaître comme je voudrais.
Il était lui-même un homme intelligent, excédant les bornes de sa vie d’homme du monde.
Son désastre a été la déplorable époque où il a vécu.
[...] je souhaitais d’autant plus vivement que ce bonheur ne me fût jamais enlevé, que je ne l’avais pas ressenti.
Sans doute ce n’est pas le bon sens qui est « la chose du monde la plus répandue », c’est la bonté.
[...] un malpropre ne parle que des bains que les autres ne prennent pas ; un malodorant prétend qu’on sent mauvais ; un mari trompé voit partout des maris trompés ; une femme légère des femmes légères ; le snob des snobs.
Alors il voulut s’excuser mais selon le mode qui est justement celui de l’homme mal élevé, lequel est trop heureux en revenant sur ses paroles de trouver une occasion de les aggraver.
C'est un sombre idiot, c'est parfaitement un imbécile.
Il disait : « Je te le jure », plus encore pour la volupté hystérique de mentir que dans l’intérêt de faire croire qu’il disait la vérité.
[...], fit le geste de mécontentement par lequel on croit faire voir qu’on a assez d’attendre, mais qu’on ne fait jamais quand on attend réellement, [...]
[...] dans notre adolescence et dans les parties de notre vie où persiste un peu de notre adolescence, [...]
Vous causeriez beaucoup d’étonnement dans le monde si vous aviez l’air de croire cela.
Mais l’important dans la vie n’est pas ce qu’on aime, reprit-il d’un ton compétent, péremptoire et presque tranchant, c’est d’aimer.
Vous n’avez peut-être pas de mérite personnel, si peu d’êtres en ont ! Mais pour un temps du moins vous avez la jeunesse et c’est toujours une séduction.
[...], la plus grande des sottises, c’est de trouver ridicules ou blâmables les sentiments qu’on n’éprouve pas.
[...] où l’élégance vous fait inviter mais non épouser, [...]
Elle était même ennuyée de tellement plaire, parce que cela l’obligeait à faire de la peine, tandis que, par nature, elle aimait à faire plaisir.
Car pour souffrir vraiment par une femme, il faut avoir cru complètement en elle.
Les enfants ont toujours une tendance soit à déprécier, soit à exalter leurs parents, et pour un bon fils, son père est toujours le meilleur des pères, en dehors même de toutes raisons objectives de l’admirer.
[...]elle était une intellectuelle et [...] lui, quoi qu’il prétendît, était, de naissance, un ennemi de l’intelligence.
[...], usant d’ailleurs d’une habileté pratique qui se conciliait chez lui avec les plus grands et les plus aveugles élans du cœur, [...]
[...] ce prolongement, cette multiplication possible de soi-même, qui est le bonheur
[...], à cause d’une sorte de croyance superstitieuse que de sa propre fidélité pouvait dépendre celle de sa maîtresse.
Après tout, me disais-je, peut-être le plaisir qu’on a eu à l’écrire n’est-il pas le critérium infaillible de la valeur d’une belle page ; peut-être n’est-il qu’un état accessoire qui s’y surajoute souvent, mais dont le défaut ne peut préjuger contre elle. Peut-être certains chefs-d’œuvre ont-ils été composés en bâillant
[...], ce n’est l’allégresse du moment présent, mais les sages réflexions du passé, qui nous aident à préserver le futur.
[...] j’étais enfermé dans le présent comme les héros, comme les ivrognes ; momentanément éclipsé, mon passé ne projetait plus devant moi cette ombre de lui-même que nous appelons notre avenir ; plaçant le but de ma vie, non plus dans la réalisation des rêves de ce passé, mais dans la félicité de la minute présente, je ne voyais pas plus loin qu’elle. [...]
[...] de ce qui n’est pas actuel nous ne nous soucions pas.
J’étais transporté d’une délicieuse épouvante comme je n’aurais pu en éprouver quelques années plus tard, parce que, en même temps que l’âge diminue la capacité, l’habitude du monde ôte toute idée de provoquer d’aussi étranges occasions de ressentir ce genre d’émotions.
[...] en étant amoureux d’une femme nous projetons simplement en elle un état de notre âme ; que par conséquent l’important n’est pas la valeur de la femme mais la profondeur de l’état ; [...]
[...], le chemin, cette partie à demi humaine de la nature, [...]
[...] ce qu’on sait n’est pas à soi, [...]
Il importe qu’on connaisse entièrement ses rêves pour n’en plus souffrir ; [...]
[...] ; elle aurait pu être belle, si elle avait eu vingt ans, conduisant un bœuf dans la campagne romaine ; mais ses cheveux noirs blanchissaient ; et elle était commune sans être simple, [...]
[...] la beauté de la vie, mot en quelque sorte dépourvu de signification, stade situé en deçà de l’art [...]
[...] un artiste pour être tout à fait dans la vérité de la vie spirituelle doit être seul, et ne pas prodiguer de son moi, même à des disciples, [...]
On ne reçoit pas la sagesse, il faut la découvrir soi-même après un trajet que personne ne peut faire pour nous, ne peut nous épargner, car elle est un point de vue sur les choses.
[...] je crois qu’il comptait un peu sur ma présence pour excuser la sienne [...]
[...] j’essayais de trouver la beauté là où je ne m’étais jamais figuré qu’elle fût, [...]
Mais ma volonté ne laissa pas passer l’heure où il fallait partir, [...]
Ce qu’on prend en présence de l’être aimé n’est qu’un cliché négatif, on le développe plus tard, une fois chez soi, quand on a retrouvé à sa disposition cette chambre noire intérieure dont l’entrée est « condamnée » tant qu’on voit du monde.
Vous ne trouvez pas qu’on se bêtifie à rester tout le temps sur la plage ?
Tous deux faisaient à ma grand’mère d’immenses saluts qui ne menaient à rien.
Les filles, très jolies, s’habillaient avec plus d’élégance, mais une élégance de ville et non de plage.
[...] ce que les gens ont fait, ils le recommencent indéfiniment.
Comment voulez-vous que les malheureuses élèves s’y reconnaissent quand les professeurs ne sont pas d’accord entre eux ?
L’individu baigne dans quelque chose de plus général que lui.
[...] sans parvenir à cacher un sentiment de bienveillante supériorité qui s’exprima dans un sourire, assez gracieux, d’ailleurs.
[...] sous ses cheveux noirs, la verticalité de son front s’opposa, [...], à l’image indécise que j’en avais gardée, [...]
[...] sortant de la poussière du souvenir, Albertine se reconstruisait devant moi.

(A l’ombre des jeunes filles en fleur)


Dernière édition par Vassia le Sam Aoû 01, 2020 11:13 pm; édité 1 fois
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krys



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MessagePosté le: Sam Aoû 01, 2020 11:35 am    Sujet du message: Répondre en citant

impressionnante ta liste !!! (ça donne envie de relire Proust...)
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Hoël
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MessagePosté le: Sam Aoû 01, 2020 4:12 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Moui, de mon point-de-vue, c'est un sacré contresens se citer Proust avec des phrases tronquées.
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Vassia



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MessagePosté le: Sam Aoû 01, 2020 10:49 pm    Sujet du message: Répondre en citant

krys a écrit:
impressionnante ta liste !!! (ça donne envie de relire Proust...)

Le but pour moi est surtout de me noter des tournures de phrases réfléchies, j’essaye ainsi de cerner le style des auteurs *Wink*
Ce qu’est la moelle de la littérature en quelque sorte, ce qui distingue l’art de savoir faire des phrases du simple fait d’écrire ce qui nous viendrait en premier sur la feuille si nous devions nous aussi écrire une histoire.
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Vassia



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MessagePosté le: Sam Aoû 01, 2020 11:05 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Hoël a écrit:
Moui, de mon point-de-vue, c'est un sacré contresens se citer Proust avec des phrases tronquées.

C’est marrant je l’attendais celle-là *Very Happy*

Eh bien écoute si Proust n’est pas content il peut me le dire je ne lui en voudrais pas *Very Happy*

Je comprends ton idée : Monsieur Marcel Proust étant connu pour avoir le talent de savoir faire des phrases à rallonge en y épluchant savamment la quintessence de souvenirs et d’impressions, il serait discourtois de se permettre de hacher menues sa magnifique prose.

Seulement voilà moi les gens qui font des phrases pour épater la galerie cela ne m’impressionne pas et pour tout dire le sentiment que j’en tire de la Recherche c’est qu’hormis certaines bonnes choses qui auraient largement pu tenir en un volume, c’est essentiellement du baratin.

Je trouve Proust largement sur-côté et il me semble que La Recherche sert surtout d’instrument à de multiples personnes pour vendre des livres sur lui ou tenter de briller en société car n’est-ce pas cela fait chic de dire qu’on a lu Proust et que bien sûr comme de juste on n’a pu que s’étonner et se pâmer devant de telles qualités littéraires. Du baratin *Wink*

Mais bon du baratin bien écrit, c’est pourquoi comme pour les autres romans que j’ai lu je m’en note les tournures qui m’ont bien plu ainsi que le fil d’Ariane des éléments en composant son contenu.

Libre à chacun de lire ou relire les bouquins en entier ou par morceaux non découpés s’il le souhaite. Je ne fais ici que partager mes notes car certains d’entre vous auront peut-être plaisir à en lire quelques bribes par ci par là *Smile*
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Hoël
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MessagePosté le: Dim Aoû 02, 2020 10:42 am    Sujet du message: Répondre en citant

"des phrases pour épater la galerie" "du baratin", il faut croire qu'un bon paquet de littéraires (dont je suis) sont des benêts aisément trompés par un peu d'esbroufe... quant à "vendre des livres", Proust étant rentier n'en a jamais eu besoin.
Pour en revenir à ma remarque, ce qu'il y a de remarquable dans la phrase proustienne, c'est son rythme, la tronquer casse celui-ci.
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Vassia



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MessagePosté le: Dim Aoû 02, 2020 12:08 pm    Sujet du message: Répondre en citant

« des benêts » comme tu y vas *Very Happy*
Non pas des benêts mais tu avoueras qu’il est plutôt mainstream de dire que Proust serait particulièrement particulier.

Pour ce qui est de vendre des livres je ne parlais pas de lui (rentier oui bien évidemment, d’où son mépris), je parlais des gens qui écrivent sur lui. J’ai lu que c’était l’auteur à propos duquel il a été écrit le plus de livres, c’est un bon filon.
Un mythe qui s’auto-entretien c’est pratique *Smile*

Quant au rythme de la phrase tu me permettras de dire que ce ne sont pas des alexandrins et que la longueur des phrases est très variable.
Si certains se sont peut-être amusés à transposer ses livres en musique ou en je ne sais quoi pour chercher à prouver je ne sais quoi je respecte leur démarche mais pour ma part cela ne m’intéresse pas.
Moi ce qui m’intéresse ce n’est pas un soi-disant (fameux) rythme de la phrase mais les tournures d’expression.
Et comme chez tous les auteurs dans bien des phrases un morceau est travaillé avec un effet voulu alors que d’autres morceaux sont très banals.

Cela dit certains de mes extraits n’ont pas de [...], tu peux te limiter à lire ceux-là (et à en savourer le rythme donc) si tu veux bouder les autres *Smile*
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Vassia



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MessagePosté le: Dim Aoû 02, 2020 9:25 pm    Sujet du message: Répondre en citant

hop la suite, la suite *Very Happy*

Après Du Côté de chez Swann et A l'ombre des jeunes filles en fleur, voici donc les passages du troisième tome de La Recherche, Le Côté de Guermantes , que je me suis pris en notes et que je partage ici avec vous *Smile*


Le côté de Guermantes (Marcel Proust) 1921
Maintenant elle portait au silence même une attention douloureuse.
[...] les marques de considération nécessaires à sa bonne nutrition morale, [...]
[...], la fée dépérit si nous nous approchons de la personne réelle à laquelle correspond son nom, [...]
[...] les tons conventionnels et tous pareils de la mémoire volontaire.
[...] de cette douceur, pour ainsi dire wagnérienne, dans l’allégresse, qui conserve tant de noblesse à la festivité.
Ces années de ma première enfance ne sont plus en moi, elles me sont extérieures, je n’en peux rien apprendre [...]
[...], depuis qu’elle était une vieille femme, se faisait à tout propos ce qu’on appelle une tête de circonstance
[...], couvait un instant de ses regards dédaigneux et passionnés [...]
[...] aidée de ses amies elle n’avait besoin de personne.
La richesse était pour elle comme une condition nécessaire de la vertu, à défaut de laquelle la vertu serait sans mérite et sans charme.
Ce qui est lointain peut nous être plus connu que ce qui est proche.
Françoise, qui savait le nom d’Alger à cause d’affreuses dattes que nous recevions au jour de l’an, [...]
Mais, ajouta-t-elle sans sincérité, du moment que je sais ce qui cuit dans ma marmite, je ne m’occupe pas de celle des autres.
[...], une gaieté assez voisine de celle qu’un professeur excite dans sa classe en faisant allusion à tel personnage contemporain dont ses élèves n’auraient pas cru que le nom pût jamais tomber du haut de la chaire.
Elle devient littéraire depuis qu’elle est abandonnée.
[...] depuis qu’Eulalie était morte, Françoise avait complètement oublié qu’elle l’avait peu aimée durant sa vie [...]
[...], elle m’était apparue dans l’éclair d’une métamorphose avec des joues irréductibles, [...]
Il n’y a que l’imagination et la croyance qui peuvent différencier des autres certains objets, certains êtres, et créer une atmosphère.
Pourtant elle en faisait [du bien], mais, comme on ne peut l’étendre sur tout le monde, le souvenir d’avoir comblé l’un est une raison pour s’abstenir à l’égard d’un autre chez qui on excite d’autant plus de mécontentement.
[...], comme ces neurasthéniques dont on double la fatigue en leur faisant remarquer qu’ils sont fatigués.
Je ressentais le mystère, mais ne pouvais déchiffrer l’énigme de ce regard souriant [...]
[...], moulait son corps avec une précision toute britannique.
[...] les lois de l’attaque commandent celles de la riposte, [...]
[...] la vérité n’a pas besoin d’être dite pour être manifestée, [...]
Il ne pouvait pas se tenir tranquille, il déplaçait les bûches et fort maladroitement.
[...], les sons n’ont pas de lieu.
Je n’eus pas le temps d’être triste, car je ne fus pas un instant seul.
Il en est du sommeil comme de la perception du monde extérieur. Il suffit d’une modification dans nos habitudes pour le rendre poétique, [...]
[...] après cette étroite interruption où le silence s’était fait musique, [...]
[...] fantômes subalternes du passé [...]
[...], ainsi que des morts trop vite décomposés [...]
[...] j’étais sans force contre ma tristesse, qui en un instant remplissait pour moi toute l’existence.
Ce qui a couvert la terre n’est plus sur elle, mais dessous ; l’excursion ne suffit pas pour visiter la ville morte, les fouilles sont nécessaires.
[...] des soldats balourds qui passaient sur le trottoir, la face peinturlurée par le froid [...]
[...] au souci esthétique et religieux de montrer aux yeux l’éclat de la fête par la profusion des victuailles et l’empressement des serviteurs.
La vraie influence, c’est celle du milieu intellectuel !
On a dit que le silence était une force ; [...], il en est une terrible à la disposition de ceux qui sont aimés. Elle accroît l’anxiété de qui attend.
Rien n’invite tant à s’approcher d’un être que ce qui en sépare, [...]
[...] quelle plus infranchissable barrière que le silence ?
[...], plus cruel que celui des prisons, ce silence-là est prison lui-même.
[...] fragile à force de délicatesse, elle semblait à tout moment prête à se briser, [...]
[...] l’ayant seule près de moi, vue sans le masque du visage, j’y remarquais, pour la première fois, les chagrins qui l’avaient fêlée au cours de la vie.
J’étais là, ou plutôt je n’étais pas encore là puisqu’elle ne le savait pas, [...]
[...], comme une femme qu’on surprend en train de faire un ouvrage qu’elle cachera si on entre, elle était livrée à des pensées qu’elle n’avait jamais montrées devant moi.
[...] ce privilège qui ne dure pas et où nous avons, pendant le court instant du retour, la faculté d’assister brusquement à notre propre absence [...]
Mais après tout la rue est à tout le monde.
[...], même endormi, il me restait un peu de pensée.
[...]les femmes changent si vite de situation dans ce monde-là, quand elles en changent [...]
C’est ma mère, je n’ai rien à objecter, mais il est bien certain qu’elle n’a pas la sensibilité de Zézette.
[...], lequel parut perdre à la fois toute contenance, une mâchoire, et beaucoup de sang.
[...] d’un air de rancune et d’accablement, mais nullement furieux.
[...] pour que la seule beauté apparaisse déjà comme un consentement.
[...] des snobs habitués à coter un salon d’après les gens que la maîtresse de maison exclut plutôt que d’après ceux qu’elle reçoit.
[...] chacun, selon son âge, a comme un monde différent, [...]
[...], ce n’est pas au début d’une tempête que les vagues atteignent leur plus grand courroux.
[...] si on savait la politesse on n’ignorait pas non plus l’impertinence.
[...] dans telle nécessité qui les poussait, en même temps qu’à se haïr, à se fréquenter.
[...], sa grande amabilité était froncée par le recroquevillement boudeur, le dépit physiologique de la vieillesse, [...]
Il fut visible qu’il ne voulait pas répondre les mêmes banalités que tout le monde [...]
[...] elle donnait le nom de sa fantaisie à la nécessité.
Ces jugements subversifs, isolés et, malgré tout, justes, sont ainsi portés dans le monde par de rares personnes supérieures aux autres.
[...], alors une dure fatigue, née de son esprit, s’empara de ses jambes, [...]
Bloch voulut faire un geste pour exprimer son admiration, mais d’un coup de coude il renversa le vase [...]
[...] ils n’étaient plus pour elle qu’un résidu mort qui ne fructifierait plus [...]
Il avait dit tout haut que l’incident du vase de fleurs renversé n’avait aucune importance, mais ce qu’il disait tout bas était différent, plus différent encore ce qu’il pensait [...]
Ses yeux allumés, qui n’avaient pu débaucher personne, reprirent avec résignation leur sérieux [...]
[...], entraîné par le démon de sa mauvaise éducation [...]
Formidablement riche dans un monde où on l’est de moins en moins, [...]
[...] ses succès de femmes, qui faisaient le malheur de la sienne, [...]
[...] le rigorisme presque fossile des préjugés aristocratiques [...]
Mais si, c’est très mystérieux, l’amour, reprit la duchesse avec un doux sourire de femme du monde aimable [...]
[...] il ne faut jamais discuter le choix des amants.
[...] qu’elle se mit à regarder d’un air câlin, pour ajouter l’enchantement de la douceur à celui de l’esprit.
Il savait que la verve de sa femme avait besoin d’être stimulée par la contradiction, [...]
Je reconnais qu’elle n’a pas l’air d’une vache, car elle a l’air de plusieurs, [...]
Vous n’êtes pas de votre temps, dit à celui-ci l’ancien ambassadeur, et je vous en félicite, [...]
Bloch était flatté de surnager seul dans le naufrage universel.
Le duc se parait de sa femme mais ne l’aimait pas.
[...], il s’arrêta net et lança sur la duchesse un regard qui embarrassa tout le monde.
Quand on s’appelle le marquis de Saint-Loup, on n’est pas dreyfusard, que voulez-vous que je vous dise !
[...], le duc avait un petit carnet rempli de « citations » et qu’il relisait avant les grands dîners.
[...] avec une feinte humilité, mais avec une vanité si profonde que sa bouche ne pouvait s’empêcher de sourire et ses yeux de jeter à l’assistance des regards pétillants de joie [...]
[...], rougissant encore davantage, flairant une insolence et ne la comprenant pas, se mit à trembler de tous ses membres, [...]
[...] avec l’instinct qu’ont tous les conservateurs de se ménager des appuis dans le camp adverse.
[...], plusieurs de ces dames versant très vite dans le dévergondage des mœurs sans perdre jamais la correction presque enfantine des manières.
Être grande dame, c’est jouer à la grande dame, [...]
Elle laissa pleuvoir sur moi la lumière de son regard bleu, [...]
[...] d’un ton volontairement banal, [...]
[...] avec le même accent qu’un concierge alsacien.
[...] je suis bien vieille pour faire de nouvelles connaissances.
[...], comme s’il s’agissait d’une concupiscence si naturelle qu’on ne pouvait en vouloir à celui qui l’éprouvait, [...]
[...] les égoïstes ont toujours le dernier mot [...]
[...] la vraie vie de Rachel, vie qui ne commençait chaque jour que lorsqu’il venait de la quitter.
[...] c’est une charmante loi de nature, qui se manifeste au sein des sociétés les plus complexes, qu’on vive dans l’ignorance parfaite de ce qu’on aime.
[...] ce n’est pas une femme qu’on paye, ou alors ce serait trop cher.
[...], trouvant d’ailleurs pour cela un complice chez lui-même, dans la personne de son amour-propre, elle a su lui persuader qu’il était de ceux qui l’avaient eue pour rien.
[...], elle était sincère. Mais elle cessa de l’être pour redevenir grande dame [...]
Cette politesse ne signifie rien, me dit-il d’un ton dur. Il n’y a rien de plus agréable que de se donner de l’ennui pour une personne qui en vaille le peine.
[...] nous aimerions donner notre temps à un arbuste humain, si nous étions sûrs qu’il en valût la peine.
Vous irez bien, Madame, le jour lointain ou proche, et il dépend de vous que ce soit aujourd’hui même, [...]
[...] avec cette étrange indifférence que nous avons pour nos parents tant qu’ils vivent, qui fait que nous les faisons passer après tout le monde, [...]
[...] ce ne sont pas toujours dans la vie les personnes qui apportent les belles roses pour qui on est le plus aimable, [...]
[...] ma mère, [...], eut l’énergie de se fâcher et de se faire obéir.
[...], je battis en retraite pour ne pas avoir une part du dédain que lui témoignerait sans doute la « marquise », [...]
Elle n’était pas morte encore. J’étais déjà seul.
[...], il faut être prudent en tout.
Il lui adressa même quelques plaisanteries assez fines, que j’eusse préféré entendre un autre jour, mais qui me rassurèrent complètement par le ton amusé du docteur.
[...], l’humilité de qui se sent indigne de toucher ce qu’il connaît de plus précieux, [...]
[...] le manque d’éducation des gens du peuple qui ne cherchent pas à dissimuler l’impression, [...]
[...] une espèce d’alluvion de couvertures [...]
[...] pour une grande part, la souffrance est une sorte de besoin de l’organisme de prendre conscience d’un état nouveau qui l’inquiète, [...]
Les créatures qui ont joué un grand rôle dans notre vie, il est rare qu’elles en sortent tout d’un coup d’une façon définitive.
Quand les heures s’enveloppent de causeries, on ne peut plus les mesurer, même les voir, elles s’évanouissent, [...]
[...], il est plus raisonnable de sacrifier sa vie aux femmes qu’aux timbres-poste, [...]
[...] l’exemple des autres collections devrait nous avertir de changer, de n’avoir pas une seule femme, mais beaucoup.
"Voulez-vous que j’essaye ?" dit-elle avec l’humilité de la femme.
Que quelqu’un ait le même nom que vous, sans être de votre famille, est une grande raison de le dédaigner.
[...], par un devoir de confidence que le rapprochement des corps crée, au début du moins, avant qu’il ait engendré une duplicité spéciale et le secret envers le même être, [...]
La journée qui avait suivi avait été consacrée à dire un dernier adieu à ce mal auquel je renonçais [...]
[...], au risque de découvrir à son mari le secret d’une faute dont elle a fini de s’effrayer en même temps que de la commettre.
[...], comme un élève refusé à un examen voudrait répondre à une question de plus.
Les circonstances en décidèrent autrement, je ne la revis pas.
Ce ne fut pas elle que j’aimai, mais ç’aurait pu être elle.
Nous ne profitons guère de notre vie, nous laissons inachevées dans les crépuscules d’été ou les nuits précoces d’hiver les heures où il nous avait semblé qu’eût pu pourtant être enfermé un peu de paix ou de plaisir.
La jeunesse une fois passée, il est rare qu’on reste confiné dans l’insolence. On avait cru qu’elle seule existait, on découvre tout d’un coup, si prince qu’on soit, qu’il y a aussi la musique, la littérature, voire la députation.
[...] dans les groupes de quatre on est toujours plus de quatre [...]
Ce n’est pas tout de se perdre, mais c’est qu’on ne se retrouve pas.
[...], comme la vie reprend même après les événements les plus singuliers, [...]
[...] je me disais que c’est une jolie chose quand il n’y a pas de disgrâce physique pour servir de vestibule aux grâces intérieures, [...]
[...], quand les Guermantes me furent devenus indifférents et que la gouttelette de leur originalité ne fut plus vaporisée par mon imagination, je pus la recueillir, tout impondérable qu’elle fût.
[...] me dit-il d’un ton habilement persuasif.
[...] il trouvait à la fois bon enfant et comique de parler le langage du peuple [..]
[...] elles nous révèlent tout à coup chez ces grands seigneurs tout un monde de croyances qu’ils n’expriment jamais directement mais qui les gouvernent, et en particulier la croyance qu’il faut par politesse feindre certains sentiments et exercer avec le plus grand scrupule certaines fonctions d’amabilité.
Fort peu ancien régime quand il s’efforçait ainsi de l’être, le duc le redevenait ensuite sans le vouloir.
Elstir tâchait d’arracher à ce qu’il venait de sentir ce qu’il savait, son effort avait souvent été de dissoudre cet agrégat de raisonnements que nous appelons vision.
Il m’accueillit au contraire avec une joie évidemment en partie factice et dictée par la politesse, mais par ailleurs sincère, inspirée et par son estomac qu’un tel retard avait affamé, [...]
On feignait d’ignorer que le corps d’une maîtresse de maison était manié par qui voulait, pourvu que le « salon » fût demeuré intact.
[...] son sourire indéfiniment prolongé, comme un sol dièse, pouvait enfin cesser.
[...], comme les gens qui, ayant une fois donné un louis à quelqu’un, pensent qu’avec celui-là ils sont en règle pour toujours.
[...], le vulgaire hanneton auquel on me présenta, et qui pirouetta pour me dire bonjour avec une lourde désinvolture qu’il croyait élégante, [...]
[...] de même qu’un fonctionnaire ou qu’un prêtre voient leur médiocre talent multiplié à l’infini (comme une vague par toute la mer qui se presse derrière elle) par ces forces auxquelles ils s’appuient, l’administration française et l’église catholique, de même M. de Guermantes était porté par cette autre force, la politesse aristocratique la plus vraie.
Sans doute cette satisfaction n’allait pas sans ennuis. [...]
[...] il semble que dans une société égalitaire la politesse disparaîtrait, non, comme on croit, par le défaut de l’éducation, mais parce que, chez les uns disparaîtrait la déférence due au prestige qui doit être imaginaire pour être efficace, [...]
[...] il était protégé par sa vulgarité, [...]
[...], disait la princesse d’un air dégagé et à l’aise (pour faire la grande dame), mais d’une voix devenue factice.
[...], je me passerais fort d’avoir une femme aussi spirituelle.
[...] ce qu’elles avaient d’arbitraire et d’inattendu leur conférait quelque chose d’intellectuel qui les rendait émouvantes à communiquer.
[...] ces étrangers dont on ne sait pas toujours d’où ils viennent.
[...] l’espèce de soulagement qu’on a dans Kant quand, après la démonstration la plus rigoureuse du déterminisme, on découvre qu’au-dessus du monde de la nécessité il y a celui de la liberté.
[...] une ou deux très belles femmes qui n’avaient de titre à être là que leur beauté, l’usage qu’avait fait d’elles M. de Guermantes, et desquelles la présence révélait aussitôt, comme dans d’autres salons tels tableaux inattendus, que dans celui-ci le mari était un ardent appréciateur des grâces féminines.
Avec eux il faut être bon, mais pas trop bon.
[...] l’envie est aveugle
[...] Comme elle s’exprime bien ! dit le duc avec une ironie feinte et pour faire admirer la duchesse.
M. de Bréauté comprit tout l’esprit de cette audace, regarda autour de lui d’un œil à la fois éméché et attendri, après quoi il essuya son monocle.
Irrité de l’interruption de sa femme, le duc la tint quelques instants sous le feu d’un silence menaçant.
La bonne humeur me sembla être, de la part du convive, une preuve de bonté.
Il est plus qu’intelligent, il est même assez spirituel, dit la duchesse de l’air entendu et dégustateur d’une personne qui s’y connaît.
Je trouve charmant un pays où on veut être sûr que votre crémier vous vende des œufs bien pourris, des œufs de l’année de la comète.
[...], croyant avoir affaire à une vieille Anglaise un peu folle, n’avait répondu que par monosyllabes aux prolixes paroles de l’ancienne Beauté [...]
[...], elle était tellement faite pour le mariage, elle était tellement née conjugale, [...]
[...], il y a en somme plus d’amants que de maris inconsolables.
Tout le monde n’aime pas être pleuré de la même manière, chacun a ses préférences.
[...] on fait quelquefois pour les morts des choses qu’on n’aurait pas faites pour les vivants.
Il n’y a rien de si beau que deux frères qui s’aiment, [...]
[...] on peut appartenir à une famille princière, et à une famille par le sang, par l’esprit fort populaire.
Le duc de Guermantes fronça son sourcil jupitérien.
Quand il n’aimait pas rendre un service, il ne voulait pas que sa femme s’en chargeât, sachant que cela reviendrait au même et que les personnes à qui la duchesse avait été obligée de le demander l’inscriraient au débit commun de ménage, tout aussi bien que s’il avait été demandé par le mari seul.
Il ne serait pas plus stupide qu’un autre s’il avait eu, comme tant de gens du monde, l’intelligence de savoir rester bête.
[...], c’est ce badigeon de savoir qui est terrible.
Il vous parle du Maroc, c’est affreux.
[...], un peu folle, un peu insensée, mais c’était une très bonne femme, une gentille folle très aimable, je n’ai seulement jamais compris pourquoi elle n’avait jamais acheté un râtelier qui tînt, [...]
[...], dit M. de Guermantes reprenant son rôle de falaise qui, en s’opposant à la vague, la force à lancer plus haut son panache d’écume.
Ma femme a la rage d’être aimable, reprit-il de plus en plus furieux [...]
[...] l’intensité de sa mimique ne parvint pas à remplacer cette lumière qui reste absente de nos yeux tant que nous ne savons pas de quoi on veut nous parler.
Cette pierre vivante a beau être mon cousin, elle me fait peur et je n’ai qu’une idée, c’est de la laisser dans son moyen âge.
Mais le duc était moins instruit qu’orgueilleux. Aussi se contenta-t-il de me répondre d’un air de suffisance, comme chaque fois qu’on lui parlait d’une œuvre d’un musée, ou bien du Salon, et qu’il ne se rappelait pas : « Si c’est à voir, je l’ai vu ! »
[...] ce que je veux c’est une poignée de mains, ce n’est pas un coup de chapeau !
Il n’y a rien de plus triste que les deuils qu’on ne peut pas porter.
Notre mémoire et notre cœur ne sont pas assez grands pour pouvoir être fidèles.
Nous n’avons pas assez de place, dans notre pensée actuelle, pour garder les morts à côté des vivants.
C’était du reste une femme dangereuse à écouter, car, perpétuellement dans l’erreur, [...]
[...] racontait de ces histoires qui semblent sortir d’un livre, non à cause de leur sérieux, mais de leur invraisemblance.
[...], devenu banal à force d’éclat, [...]
Mais tant qu’un grand nom n’est pas éteint, il maintient en pleine lumière ceux qui le portèrent [..]
Comme un homme ivre plein de tendres dispositions pour le garçon de café qui l’a servi, je m’émerveillais de mon bonheur, [...]
[...], il n’y a pas de propos, pas plus que de relations, dont on puisse être certain qu’on ne tirera pas un jour quelque chose.
Les grands seigneurs sont presque les seules gens de qui on apprenne autant que des paysans ; leur conversation s’orne de tout ce qui concerne la terre, les demeures telles qu’elles étaient habitées autrefois, les anciens usages, tout ce que le monde de l’argent ignore profondément.
[...], ce plaisir n’est pas sans danger, car il risque de croire que les choses du passé ont un charme par elles-mêmes, [...]
Le besoin de parler n’empêche pas seulement d’écouter, mais de voir, [...]
« Mettez-vous dans le siège Louis XIV », me répondit-il d’un air impérieux et plutôt pour me forcer à m’éloigner de lui que pour m’inviter à m’asseoir.
« Ah ! voilà ce que vous appelez un siège Louis XIV ! je vois que vous êtes instruit », s’écria-t-il avec dérision
[...] de quelques belles paroles qu’il colorât ses haines, [...]
Pensez-vous qu’il soit à votre portée de m’offenser ?
Il n’y avait en lui, selon moi, que de l’orgueil, en moi il n’y avait que de la fureur.
Je ne fus pas dupe un instant de cette explication que leur démarche nonchalante semblait me proposer.
Ma colère n’avait pas calmé celle du baron, [...]
[...] enfin, oubliant qu’un instant auparavant, en parlant de « ses augustes orteils », il avait cru me faire le témoin de sa propre déification, il courut à toutes jambes, me rattrapa dans le vestibule et me barra la porte.
Je vois qu’au goût des propos abjects vous joignez celui des insistances vaines.
Vous devriez avoir au moins l’intelligence de profiter d’un dernier entretien et de parler pour dire quelque chose qui ne soit pas exactement rien.
En principe, un propos répété est rarement vrai.
[...] ces paroles ouvertes et quotidiennes qui créent la confiance, le préservatif unique et souverain contre une parole qui vous représentait comme un traître.
En tout cas, vrai ou faux, le propos a fait son œuvre. Je ne peux plus me dégager de l’impression qu’il m’a produite.
Mais vous vous en fichez comme un poisson d’une pomme.
Vous voulez rentrer, quitte à manquer de respect à Beethoven et à moi.
Vous portez contre vous-même jugement et condamnation [...]
Il faut s’en consoler en se disant qu’on liquide rarement en un jour des affaires compliquées.
[...], l’argent procure tant de choses.
[...] c’est un fort mauvais tour qu’il a joué ainsi à ces usurpateurs malgré eux.
Une sympathie est toujours précieuse.
[...] il y a des choses qu’on ne peut demander, ni faire, ni vouloir, ni apprendre par soi-même, on le peut à plusieurs [...]
[...], à défaut du pardon laisse venir l’oubli.
[...] je voudrais guérir le pays qui m'a donné le jour de l’ignorance qui mène fatalement jusqu’au crime.
Nous sommes attirés par toute vie qui nous représente quelque chose d’inconnu, par une dernière illusion à détruire.
Les formes d’esprit sont si variées, si opposées, non seulement dans la littérature, mais dans le monde, qu’il n’y a pas que Baudelaire et Mérimée qui ont le droit de se mépriser réciproquement.
[...], c’est probablement un de vos ancêtres, dit Swann avec un mélange d’ironie et de déférence envers une grandeur qu’il eût trouvé impoli et ridicule de méconnaître, mais dont il ne voulait, par bon goût, parler qu’en « se jouant ».
[...] dit le duc en attachant sur Swann un regard et d’inquisiteur et de tortionnaire, pour tâcher à la fois de lire dans sa pensée et d’influencer sa réponse.
[...], quand on l’amenait à provoquer artificiellement une opinion qu’il désirait, il avait la faculté, au bout de quelques instants, de croire qu’elle avait été spontanément émise [...]
[...], tous ces gens-là sont d’une autre race, on n’a pas impunément mille ans de féodalité dans le sang. Naturellement ils croient que cela n’est pour rien dans leur opinion.
[...], très gentille malgré toute sa hauteur germanique, [...]
[...], avec cette énergie affirmative, cet accent d’enthousiasme qu’on n’apporte qu’aux convictions qu’on ne s’est pas formées soi-même.
J’éprouvais à les percevoir un enthousiasme qui aurait pu être fécond si j’étais resté seul, [...]
[...] avant que se déclarât la vocation invisible dont cet ouvrage est l’histoire.
Sans enthousiasme, mais avec chemise de nuit pour si le prince vous demandait de rester à coucher, ce qu’il faisait d’ailleurs rarement, en parfait mufle qu’il était, [...]
Avez-vous remarqué parmi les princes que les plus gentils ne le sont pas tout à fait ?
Ah ! les malades, on a pour eux des petits soins qu’on ne prend pas pour nous.
Voilà, dit-il, une femme qui a eu grand tort de mourir.
[…] la Synagogue est aveugle, elle ne voit pas les vérités de l’Évangile.
Toute cette affaire Dreyfus, reprit le baron qui tenait toujours mon bras, n’a qu’un inconvénient : c’est qu’elle détruit la société […]
[...] dès qu’il ne fut plus fou il devint bête.
Il y a des maux dont il ne faut pas chercher à guérir parce qu’ils nous protègent seuls contre de plus graves.

Le côté de Guermantes (Marcel Proust)
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